Incendie dans l’Aude en 2025 : l’enquête s’oriente vers un mégot, trois agents de l’ONF en garde à vue

L’enquête sur l’incendie dans l’Aude qui a dévasté les Corbières en août 2025 connaît un rebondissement majeur. Trois agents de l’Office national des forêts ayant été placés en garde à vue. Les investigations s’orientent désormais vers l’hypothèse d’un mégot de cigarette à l’origine du feu qui a parcouru près de 17 000 hectares et marqué durablement le département.

« L’ONF n’étant pas mis en cause, nous n’avons pas accès au dossier et nous n’avons donc absolument pas connaissance des motifs ayant conduit le procureur à décider d’une telle mesure, ni des faits susceptibles d’être reprochés à nos agents », a souligné l’Office, dans un message à l’AFP.

Incendie dans l’Aude : un tournant inattendu dans l’enquête

Près de dix mois après l’incendie dans l’Aude considéré comme l’un des plus importants de ces dernières décennies, l’enquête judiciaire connaît une accélération spectaculaire avec trois agents de l’ONF entendus en garde à vue. Et ce dans le cadre des investigations portant sur l’origine du sinistre survenu le 5 août 2025 dans les Corbières.

incendie dans l'aude paysage dévasté

Ce feu hors norme avait parcouru près de 17 000 hectares et détruit plus de 11 000 hectares de végétation. Une personne perdant la vie et plusieurs dizaines d’autres blessées. Depuis le début de l’enquête, les gendarmes ont exploré de nombreuses pistes. Pendant plusieurs mois, l’hypothèse d’un acte volontaire avait même été envisagée. Aujourd’hui, les investigations semblent toutefois privilégier un scénario accidentel. Selon plusieurs informations concordantes, un mégot de cigarette jeté par le fenêtre d’un véhicule de fonction à proximité du point de départ du feu pourrait être à l’origine de cette catastrophe. Les auditions en cours visent à vérifier cette hypothèse et à confronter les témoignages aux éléments matériels recueillis depuis près d’un an.

Comment les enquêteurs ont remonté la piste du départ de feu

L’enquête sur cet incendie dans l’Aude a mobilisé des moyens techniques importants. Les spécialistes de l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale ont travaillé durant plusieurs mois afin de déterminer avec précision le point d’éclosion du sinistre.

Les investigations ont permis d’établir que le foyer initial se trouvait en bordure d’une route départementale. Cette découverte a constitué un élément clé de l’enquête. Les enquêteurs ont alors analysé les déplacements des personnes présentes sur le secteur au moment du départ de feu. Les témoignages, les relevés téléphoniques, les données de géolocalisation ainsi que les constatations réalisées sur le terrain ont progressivement permis d’affiner le scénario étudié aujourd’hui.

À ce stade, aucune responsabilité n’a encore été établie. Les trois agents de l’ONF bénéficient pleinement de la présomption d’innocence.

« Compte tenu de l’ampleur de cet incendie et de ses conséquences humaines et environnementales, l’ONF reste particulièrement attentif à la suite de cette procédure et se tient à la disposition de la justice pour contribuer à la manifestation de la vérité. » – ONF dans le Midi Libre

Les décisions du parquet de Narbonne désormais attendues avec attention. Permettant de mieux comprendre les circonstances exactes qui ont conduit à cette catastrophe historique.

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Des habitants toujours marqués par la catastrophe

Au-delà des investigations judiciaires, le souvenir de l’incendie dans l’Aude demeure particulièrement vif dans les Corbières. Les paysages portent encore les stigmates du passage des flammes et de nombreux habitants restent profondément marqués par les événements de l’été 2025.

L’annonce des gardes à vue a suscité de nombreuses réactions dans les communes touchées. « Moi, ça me sidère », a confié à TF1 un habitant interrogé après les révélations sur l’avancée de l’enquête. Pour certains riverains, la douleur reste intacte près d’un an après la catastrophe. « Nous sommes marqués à vie. Ça nous poursuivra jusqu’à la fin de nos jours », témoigne une habitante qui a vécu l’incendie au plus près.

Ces témoignages rappellent l’ampleur du traumatisme laissé par ce feu historique. Au-delà des milliers d’hectares détruits, l’incendie a profondément affecté les populations locales, les activités agricoles, les espaces naturels, la chasse et l’ensemble du territoire des Corbières.

Alors que les opérations de restauration écologique se poursuivent et que la nature tente progressivement de reprendre ses droits, les conclusions de l’enquête sont désormais attendues avec une attention particulière. Elles devront permettre d’établir les circonstances exactes de l’un des plus importants incendies qu’ait connu l’Aude ces dernières décennies.