Ne les jetez plus : ces aliments du placard périmés font un compost idéal (mais certains restent interdits)

Vous ouvrez le placard, tombez sur un paquet de pâtes périmé ou un fond de farine douteux, et le réflexe est de tout jeter. Pourtant, une bonne partie de ces déchets de cuisine à mettre au compost peuvent devenir une ressource gratuite pour vos plantes, au lieu de finir à l’incinérateur ou à l’enfouissement.

Les autorités comme l’ADEME rappellent que les déchets alimentaires issus de la préparation, de la cuisson et de la consommation des repas font partie des biodéchets et qu’ils sont naturellement biodégradables. Depuis le 1er janvier 2024, le tri de ces biodéchets est généralisé en France, ce qui pousse beaucoup de foyers à s’équiper d’un composteur domestique… tout en se demandant concrètement quoi y mettre. Certaines réponses sont plus surprenantes qu’on ne l’imagine.

Pourquoi vos déchets de cuisine sont précieux pour le compost

Dans un composteur domestique, la majorité des déchets de cuisine trouvent leur place : épluchures, fanes, restes de repas simples, produits alimentaires périmés sans emballage, mais aussi marc de café, filtres en papier, contenus des sachets de thé ou de tisane. L’ADEME précise que tous les aliments se compostent en théorie, même si certains demandent des précautions de quantité ou de préparation, comme la découpe des peaux épaisses d’agrumes ou de melon.

Pour que ce mélange donne un compost fertile, il faut équilibrer matières vertes (riches en azote) et matières brunes (riches en carbone). Les épluchures, restes de fruits et légumes, restes de repas peu gras ou marc de café appartiennent aux vertes, alors que le pain rassis, le carton brun de cuisine, les serviettes en papier non imprimées et les produits secs du placard périmés sont des brunes. Les spécialistes recommandent un ordre de grandeur d’environ 30 parts de bruns pour 1 part de verts en poids.

Les déchets de cuisine à mettre sans crainte dans le compost

Au quotidien, un composteur de cuisine apprécie sans problème les déchets suivants, à condition de les varier et de les mélanger :

  • Épluchures et fanes de fruits et légumes, fruits abîmés
  • Restes de repas simples, sans excès de gras ni de sel
  • Pain rassis, petites quantités de laitages et croûtes de fromage
  • Marc de café, filtres à café en papier, sachets de thé ou de tisane sans agrafe
  • Coquilles d’œufs et coquillages, de préférence écrasés

Les produits alimentaires périmés du placard sont souvent oubliés, alors qu’ils se prêtent bien au compost : farine, flocons d’avoine, riz, pâtes, céréales nature, semoule, légumineuses cuites ou en conserve non salées ni assaisonnées. Ces aliments d’origine végétale sont de bonnes matières brunes. Il suffit de les verser en petites quantités, de les émietter et de les mélanger avec des épluchures ou des feuilles pour éviter les paquets gluants. Même un paquet envahi de mites alimentaires peut être valorisé, à condition de le placer d’abord au congélateur pour neutraliser insectes et œufs.

Ceux à limiter, à bannir ou à adapter selon votre composteur

Certaines catégories demandent plus de prudence dans un composteur domestique. Os et restes de viande, arêtes et peaux de poisson, fruits de mer, coques et noyaux de fruits, coquillages se dégradent très lentement et peuvent attirer des nuisibles ; l’ADEME conseille de les composter seulement en petites quantités, en les broyant si possible, et de diriger le surplus vers une collecte de biodéchets. Le pain peut se composter, mais coupé et bien enfoui pour ne pas attirer les rongeurs. Dans un lombricomposteur, les agrumes, l’ail ou les oignons en excès sont déconseillés car ils risquent de tuer les vers, tout comme les restes trop gras ou très salés.

Certains déchets de cuisine restent en revanche à écarter de votre composteur domestique. Les huiles alimentaires usagées et graisses bloquent l’aération du tas et provoquent des odeurs. Viandes, poissons, plats en sauce très gras ou très salés, snacks huileux, produits très salés, excréments ou litières d’animaux, mégots de cigarette, cendres de charbon, plastiques, métaux, verre, couches et plantes malades doivent aller vers d’autres filières. En cas de grandes quantités de restes carnés ou très gras, mieux vaut n’en mettre qu’une petite partie dans le compost et orienter le reste vers un point de collecte des biodéchets ou, à défaut, avec les ordures ménagères.

Sources