« J’aime tellement mon jardin que je ne veux pas le quitter » : À travers le portail des roses, on découvre une mer de marguerites.

« J’aime tellement mon jardin que je ne veux pas le quitter » : à travers le portail des roses, on découvre une mer de marguerites

Passer sous un arceau couvert de roses et déboucher sur une vague blanche de marguerites : dans ce jardin de 400 m², à Kirchseeon en Bavière, le visiteur a l’impression d’entrer dans un autre univers sans quitter la maison. Les herbes sont hautes, les oiseaux chantent, les insectes bourdonnent partout autour des chaises disséminées.

Derrière ce décor se cache l’histoire de Maria Wollny, 74 ans, ancienne élue locale et bénévole très engagée, qui a fait de son terrain une véritable échappée belle. « Je peux me passer de vacances. Je profite tellement de mon jardin que je ne veux plus partir », confie-t-elle, citée par le quotidien allemand Merkur.de.

Sous le portail de roses, un jardin naturel pour les insectes

Longtemps, le jardin des Wollny ressemblait pourtant à beaucoup d’autres : pelouse courte, bords bien nets, peu de fleurs sauvages. « C’était ce qui demandait le moins de travail », se souvient Maria Wollny. Tout a changé quand la fille du couple a grandi et que le couple s’est demandé comment rendre ce coin de verdure plus vivant.

Il y a quatre ans, Maria Wollny a tourné la page, renonçant à tous ses mandats pour récupérer du temps. « La décision de renoncer à toutes mes fonctions a été merveilleuse. Je ne regrette rien », assure-t-elle. En repensant à son terrain en 1986, elle est catégorique : « Je ne le referais plus jamais comme à l’époque. C’était idiot. Nous n’avions pas d’animaux dans le jardin, pas d’insectes. Comme c’est maintenant, c’est beaucoup, beaucoup mieux », ajoute-t-elle.

Du gazon ras à la mer de marguerites, un refuge pour les insectes

Aujourd’hui, le regard change dès que l’on franchit le portail de roses : arbustes et vivaces bordent les allées, les graminées montent haut, la prairie de marguerites occupe le centre. Crocus, primevères et violettes cornues se mêlent aux herbes aromatiques, semées ensemble. « C’est tellement mieux pour la nature, les insectes, les abeilles », s’enthousiasme Maria Wollny, en montrant le ballet des abeilles et des bourdons.

Dans les massifs, certaines plantes ont le droit de se ressemer où bon leur semble : pulmonaires, égopode, ail des ours ou consoude. Même les herbes dites indésirables gardent une place. À propos de l’égopode, Maria explique qu’elle le laisse monter : « car il fleurit si joliment et c’est un terrain de jeu pour les abeilles ». Et les orties, dit-elle, sont « très importantes », abritant chenilles, coccinelles et autres auxiliaires.

S’inspirer de Maria pour créer un jardin naturel pour les insectes

Ce que Maria Wollny a mis en place dans son jardin peut se transposer dans presque n’importe quel petit terrain. Pour amorcer un jardin naturel pour les insectes chez soi, quelques gestes simples suffisent :

  • Arrêter les pesticides et engrais chimiques au jardin.
  • Tondre moins souvent et laisser des bandes hautes.
  • Mélanger fleurs mellifères, aromatiques et quelques légumes.
  • Réserver un coin d’orties et de friche.
  • Installer des tas de bois et plusieurs assises.

Chaque jour, Maria Wollny consacre en moyenne deux heures à cette oasis : un désherbage mesuré, quelques tailles douces, des récoltes pour les confitures, la gelée de coings ou les légumes du potager. « On transforme ce qui pousse », résume cette fille de paysans, heureuse de voir son mari et sa fille partager désormais ce rituel au milieu des fleurs et des insectes.