Souris, martre, raton laveur : des trous dans le jardin ? C’est cet animal qui en est responsable.

Souris, martre, raton laveur : des trous dans le jardin ? C’est cet animal qui en est responsable

Un matin, la surprise : votre pelouse est criblée de petits cratères, parfois en une seule nuit. On pense tout de suite à une martre, à des rats ou à un mystérieux raton laveur, surtout quand on voit les dégâts autour du potager ou du compost. La question arrive aussitôt : trou dans le jardin, quel animal peut bien faire ça ?

Ce casse-tête est très courant, mais la réponse est souvent plus discrète que prévu. Dans de nombreux cas, les responsables sont d’abord de minuscules habitants du sol : environ 70 % des trous sans monticule seraient dus aux insectes fouisseurs et aux vers, 20 % aux petits rongeurs et 10 % seulement à des causes naturelles comme des racines en décomposition. La scène de crime se lit pourtant très facilement.

Lire un trou dans le jardin comme une scène de crime

Avant de désigner un coupable, il faut observer. Les spécialistes conseillent de regarder si les trous se sont installés progressivement ou s’ils sont apparus d’un coup, parfois en une nuit, ce qui oriente vers des visiteurs nocturnes. La taille, la forme, la profondeur, la présence ou non d’un monticule de terre, mais aussi les crottes ou des racines grignotées donnent des indices précieux sur ces trous dans la pelouse.

Quelques questions simples aident à avancer l’enquête :

  • Quel est le diamètre approximatif du trou (1 cm, 2 à 5 cm, 8 à 20 cm) ?
  • Y a-t-il un petit tas conique de terre ou seulement une cavité ouverte ?
  • Le trou se trouve-t-il près du compost, sous des dalles, dans un massif ou en plein gazon ?
  • Voyez-vous des racines rongées, un sol retourné en plaques ou des crottes ?
  • Les trous sont-ils apparus brutalement ou au fil des semaines ?

Petits trous ronds : souris et rongeurs bien plus suspects que la martre

Les petits rongeurs sont les coupables les plus fréquents. Les souris, campagnols et autres mulots creusent des ouvertures de 2 à 5 centimètres, parfois accompagnées de petits monticules plats. Sous la surface, ils tissent de fins réseaux de galeries et s’attaquent volontiers aux racines des fruits et légumes. Leurs crottes ressemblent à celles des rats mais en plus petit. Les rats, eux, creusent des trous ronds beaucoup plus grands, entre 8 et 20 centimètres, souvent au pied d’un compost, sous des dalles ou près d’un tronc, avec des galeries qui descendent presque à la verticale.

Dans le cas des rats, les sources recommandent d’informer les services municipaux ou un dératiseur, en raison des risques sanitaires, quitte à utiliser en attendant du poivre, du piment ou de la litière de chat usagée comme répulsifs. Pour certaines souris, il est rappelé qu’il existe des espèces protégées, d’où la nécessité de privilégier des méthodes qui ne les blessent pas et de demander conseil avant d’intervenir lourdement. La martre, elle, est souvent accusée à tort : elle utilise surtout des cavités déjà présentes, plutôt que de creuser de véritables réseaux de terriers.

Trous superficiels et pelouse retournée : le vrai rôle du raton laveur et des autres visiteurs

Quand la pelouse semble labourée par plaques, avec des zones grattées mais peu profondes, le raton laveur fait partie des suspects. Il fouille le sol pour se nourrir et laisse surtout des dépressions superficielles, avec des traces de griffes autour. Des poubelles accessibles ou beaucoup de fruits tombés au sol l’encouragent à revenir plus longtemps. Dans certains pays européens, c’est une espèce invasive dont la gestion passe souvent par des piégeurs agréés, via la mairie ou des services spécialisés.

D’autres visiteurs laissent leur signature. Le hérisson creuse de petites cavités tronc-coniques d’environ 2 centimètres en quête de nourriture et ne reste pas longtemps sur un même terrain. Les oiseaux peuvent ponctuer le gazon de nombreux petits trous peu profonds, surtout après la pluie, et les chats enterrent parfois leurs déjections dans de petites fosses. Des guêpes terricoles ouvrent des orifices d’environ 1 centimètre ; leur gestion est confiée à des professionnels, certaines espèces étant protégées. Une fois les animaux repartis, il reste à combler les cavités avec un mélange de terre et de semences ou un produit de réparation de gazon, pour retrouver un tapis uniforme sans perdre toute cette faune utile.