Un expert des roses révèle le geste clé pour bien les entretenir : leur offrir du plein soleil
Pourquoi certains rosiers débordent de fleurs quand d’autres végètent, malgré tous les arrosages et engrais du monde ? En ce début d’été 2025, les massifs explosent de couleurs dans de nombreux jardins, laissant plus d’un jardinier perplexe devant son rosier chétif.
À Schliersee, en Bavière, le jardinier communal et expert en roses Reiner Pertl, 60 ans, observe ce décalage depuis des décennies. Président du club de jardinage local, il anime chaque printemps des cours de taille et entretient chez lui une vingtaine de variétés qui refleurissent deux à trois fois par an. Pour lui, un détail pèse bien plus lourd que tous les produits du commerce.
Roses et plein soleil : le geste clé révélé par l’expert
Pour Reiner Pertl, le point de départ est clair : « Les roses sont des amoureuses du soleil », insiste-t-il. Un rosier plein soleil devrait recevoir au moins 6 à 8 heures de soleil direct chaque jour. Les guides de culture considèrent qu’un emplacement « ensoleillé » commence au-delà d’environ cinq heures de lumière, quand la « mi-ombre » tourne autour de quatre heures. En pratique, il suffit d’observer le trajet de l’ombre des arbres, murs ou pergolas sur une journée pour vérifier si le massif reste vraiment dégagé.
Un rosier planté à l’ombre d’une haie ou d’un mur nord donne souvent des tiges longues, peu florifères, avec des boutons qui avortent. Les spécialistes rappellent aussi qu’un manque de lumière favorise oïdium et taches noires, deux maladies typiques des roses. Dans les régions très chaudes, une ombre légère en fin d’après-midi peut protéger les pétales des brûlures, mais l’emplacement doit rester bien lumineux, aéré et loin des grosses racines d’arbres.
Taille et engrais : comment aider un rosier au soleil à refleurir
Une fois l’emplacement en plein soleil assuré, les gestes d’entretien prennent tout leur sens. Reiner Pertl rappelle que les roses fleurissent sur le bois de l’année : « Quand les fleurs ont fané, il faut couper la tige jusqu’aux premières feuilles entièrement formées », explique-t-il. Concrètement, on descend jusqu’à la première feuille robuste, souvent composée de cinq folioles. Cette coupe nette stimule l’apparition de nouvelles pousses qui porteront la prochaine vague de boutons.
Le calendrier de taille et d’engrais, lui aussi, s’appuie sur des repères très simples. « Je me fie à la floraison des forsythias, c’est un repère fiable », confie le jardinier. Quand les branches jaunes de Forsythia s’ouvrent au printemps, il procède à la taille principale des rosiers et apporte la première dose d’engrais. Une seconde fertilisation intervient après la première grande floraison, juste après la coupe des fleurs fanées. Avec ce rythme, il obtient souvent deux, parfois trois floraisons par an.
Sol, arrosage et variétés : les autres secrets d’un rosier en plein soleil
L’emplacement en plein soleil ne suffit pas si les racines ne peuvent pas plonger. « Lors de la plantation, il faut offrir aux rosiers un lit d’humus profond d’au moins 70 à 80 centimètres », recommande Reiner Pertl. Les roses enracinent alors très profondément, jusqu’à plusieurs mètres, parfois proches de neuf mètres dans de bonnes conditions. Les sujets bien installés supportent mieux les périodes sèches et peuvent aller chercher l’eau en profondeur. Pour l’arrosage, il conseille de mouiller généreusement le sol mais espacément, plutôt que d’apporter un peu d’eau chaque jour. Les jeunes plants, eux, demandent une surveillance plus serrée pour éviter le stress et les attaques de champignons.
Le choix de la variété joue aussi un rôle. Reiner Pertl encourage les jardiniers à se tourner vers des roses portant le label ADR, décerné en Allemagne après plusieurs années d’essais en plein air, sans traitements chimiques, sur différents sites. Ces rosiers se montrent généralement plus sains et résistants, ce qui facilite leur culture en plein soleil. Dans le Kurpark de Schliersee, il entretient des rosiers de massif âgés d’au moins 50 ans : « Ils ont déjà survécu à plusieurs inondations », raconte-t-il. Pour un rosier qui souffre clairement du manque de lumière, un déplacement en hiver vers un endroit plus ensoleillé et bien drainé reste parfois la meilleure solution.