Juillet ne marque pas seulement la pleine saison des barquettes de framboises et de groseilles. Pour le jardinier, c’est aussi un moment clé : celui où l’on décide si les arbustes à petits fruits donneront encore mieux l’été prochain. Beaucoup imaginent que toute la taille se fait en hiver, alors que certains gestes rapides en été changent déjà la donne.
Bonne nouvelle, il est encore temps en juillet de s’occuper de trois champions du verger familial : le framboisier d’été, le groseillier rouge ou blanc et le groseillier à maquereau. Une taille juste après la récolte permet de rajeunir ces arbustes sans les épuiser, pour une reprise vigoureuse. Reste à voir comment s’y prendre branche par branche.
En juillet, pourquoi tailler ces arbustes à petits fruits
La taille après récolte, que l’on appelle aussi taille d’été ou en vert, oriente la sève vers les jeunes pousses qui porteront les fruits de l’année suivante. C’est particulièrement net sur le groseillier rouge : la majorité des baies se forme sur du bois de deux à trois ans. En supprimant régulièrement les branches trop âgées, on renouvèle la charpente et on limite les maladies.
Avant de sortir le sécateur, il vaut mieux guetter la météo. Les spécialistes recommandent un jour couvert ou légèrement pluvieux : des coupes fraîches exposées en plein soleil peuvent brûler et dessécher. On évite aussi les périodes de forte chaleur ou de sécheresse marquée, et aussi les épisodes de gel. Dans plusieurs pays européens, les tailles très sévères sont encadrées entre mars et fin septembre, d’où l’intérêt de rester sur une taille d’entretien et de vérifier l’absence de nid avant de couper.
Comment tailler framboisier, groseillier rouge et groseillier à maquereau en été
Le premier concerné est le framboisier d’été, qui fructifie en juin et juillet sur les tiges de l’année précédente. Ce geste concerne uniquement les variétés non remontantes ; sur un framboisier remontant, une partie des pousses fructifie de nouveau à l’automne. Dès la dernière cueillette, toutes les cannes qui ont porté des fruits se coupent au ras du sol, sans laisser de chicot. On conserve seulement six à huit jeunes tiges vigoureuses, bien vertes, que l’on palisse ensuite sur des fils ou un treillis pour faciliter la future récolte.
Même logique pour les groseilliers, avec quelques nuances selon l’espèce. L’objectif reste d’aérer le centre du buisson et de renouveler le bois porteur de fruits, sans affaiblir l’arbuste.
- Groseillier rouge ou blanc : juste après la récolte, on supprime deux à trois vieilles branches à la base, cassées ou très sombres, et on garde au final une dizaine de charpentières bien espacées. Les rameaux latéraux qui ont fructifié se raccourcissent en laissant un ou deux bourgeons, ce qui stimule la pousse de jeunes tiges productives.
- Groseillier à maquereau : après la récolte de juillet ou août, on limite le buisson à six à huit rameaux principaux vigoureux. Les pousses faibles ou trop basses, peu éclairées, se coupent au ras du sol. Si les branches secondaires sont très denses, une sur deux peut être rabattue à deux yeux pour laisser passer l’air et la lumière.
Les bons gestes après la taille pour une belle reprise
Une fois la taille terminée, quelques gestes simples favorisent la reprise. Un sécateur bien affûté et nettoyé limite les plaies écrasées et l’entrée de maladies ; sur sol sec, un arrosage copieux au pied, suivi d’un paillage organique, aide les racines à reconstituer rapidement leurs réserves.
En gardant en tête ces repères chiffrés, tailler les arbustes à petits fruits en juillet devient un simple entretien : six à huit cannes par framboisier, une dizaine de branches solides sur les groseilliers, un cœur de buisson bien dégagé. Ce cadre clair laisse aux arbustes toute l’énergie nécessaire pour préparer la récolte de l’année suivante.