La traduction juridique passe pour une formalité technique. En réalité, elle est un acte de droit à part entière : un mot mal rendu déplace une charge de la preuve, périme un consentement, fausse une expertise, fait tomber un moyen. Ces pièges ne se limitent pas au prétoire — ils se tendent partout où une langue étrangère entre dans un dossier : au cabinet, à l’étude notariale, en garde à vue, devant l’administration. Faute d’être anticipés, ils se règlent au moment le plus coûteux, quand il n’est plus temps de les corriger. 1. Confondre l’interprète et le traducteur. L’interprète restitue oralement, en temps réel ; le traducteur travaille à l’écrit, dans la durée, avec la faculté de vérifier. Les deux métiers (…)
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