Vous êtes peut-être assis sur une petite fortune sans le savoir. Une chaise chinée pour quelques dizaines d’euros en vide-greniers peut, si elle est signée par un grand designer, valoir plusieurs milliers de dollars sur le marché international des enchères.
Les experts du mobilier expliquent que certaines chaises vintage qui valent cher restent encore vendues comme de simples sièges d’appoint sur les petites annonces ou chez Emmaüs. Leurs critères ? Un nom, une époque, des matériaux précis et surtout une histoire forte. De quoi donner envie de regarder autrement la chaise qui trône dans votre salon.
Chaises vintage : comment savoir si vous tenez un trésor sous-estimé
Pour le site Les Happy Vintage, « ce qui fait sa valeur, c’est l’authenticité, la qualité, le style intemporel et l’éco-responsabilité ». Autrement dit, une vraie chaise de collection est une pièce d’époque, conçue par un créateur identifié, fabriquée dans des matériaux durables et jamais transformée au point de trahir le dessin d’origine.
L’experte Nora Curl rappelle que « les chaises occupent une place unique, à la croisée du design, de l’utilité et de l’art pur, et certaines pièces anciennes deviennent très recherchées ». Avec d’autres spécialistes comme Carrie Dessertine ou Rachel Leonard Kennedy, elle cite cinq modèles précis dont la cote s’envole bien au-delà du prix payé à l’époque en magasin.
Les 5 chaises vintage qui valent très cher selon les experts
La plus emblématique reste la Barcelona Chair de Ludwig Mies van der Rohe, présentée à l’Exposition internationale de Barcelone en 1929. Nora Curl la décrit comme « un siège très bas, avec des pieds croisés en acier poli et un dossier en cuir composé de quarante carrés découpés et capitonnés un par un ». Un original signé tourne autour de 8 000 dollars (environ 7 400 €), contre environ 1 000 dollars (920 €) pour une reproduction de qualité.
Plus ancienne, la chaise en bois courbé Thonet née au XIXe siècle grâce à Michael Thonet illustre la révolution du bois cintré ; pour Carrie Dessertine, « depuis près de deux cents ans, la marque Thonet incarne un mobilier de grande qualité, innovant et élégant », et les modèles vintage se négocient entre 150 et 1 000 dollars pièce (environ 140 à 920 €). La Eames 670 Lounge Chair de Charles et Ray Eames, produite par Herman Miller, réinvente le fauteuil-club ; Rachel Leonard Kennedy explique qu’elle devait « donner la sensation d’un gant de base-ball parfaitement usé », et les exemplaires des années 1970 valent aujourd’hui de 5 100 à 13 000 dollars (environ 4 700 à 12 000 €). La transparente Louis Ghost de Philippe Starck pour Kartell, moulée d’un seul bloc de polycarbonate inspiré des fauteuils Louis XV, se trouve autour de 500 à 700 dollars (460 à 640 €), tandis que la rarissime Lockheed Lounge de Marc Newson, en aluminium riveté sur coque en fibre de verre, atteint plusieurs millions de dollars quand les rares exemplaires passent en vente, ses répliques tournant déjà entre 1 000 et 3 000 dollars (environ 920 à 2 750 €).
Où chiner ces chaises vintage de collection et éviter les pièges
Pour tenter de croiser l’une de ces chaises, les pros du vintage conseillent de mixer plusieurs terrains : Puces de Saint-Ouen pour les pièces déjà repérées, plateformes comme Selency ou Le Bon Coin pour les bonnes affaires locales, mais aussi Emmaüs et même les dépôts municipaux, encore méconnus, où certains brocanteurs s’approvisionnent.
Sur place, les conseils restent simples : se documenter sur les designers, vérifier les étiquettes, compter les fameux carrés de cuir d’une Barcelona, inspecter l’état (rayures et vernis se rattrapent, structure cassée beaucoup moins) et toujours négocier. Pour une pièce à plusieurs milliers d’euros, mieux vaut demander une expertise et des photos détaillées, car, comme le rappelait Charles Eames, « les détails ne sont pas les détails, ils font le design ».