Canicule : la LPO supplie de créer cette petite mare chez vous, vos oiseaux n’y survivront pas sans elle

Les étés s’allongent, la canicule revient de plus en plus souvent, et les flaques comme les ruisseaux se tarissent. Dans ce décor sec, les merles, mésanges ou rouges-gorges cherchent désespérément un point d’eau pour boire et se baigner. La Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) lance régulièrement cet appel simple : « Aidez la faune sauvage pendant la canicule« , en offrant de l’eau à portée de bec et de pattes.

En France, on compte encore entre 600.000 et plus d’un million de mares, mais beaucoup ont disparu ou se sont dégradées. Interrogée par le quotidien La Montagne, la LPO Auvergne-Rhône-Alpes rappelle que « ça fait une vingtaine d’années qu’on fait des mares« , dans le cadre de programmes dédiés à ces petits plans d’eau. Pour Clémentine Guerber, cheffe de projet, le sujet est clair : « Les mares représentent des écosystèmes très riches et abritent une biodiversité remarquable. On y retrouve des espèces qui en dépendent à 100 %, comme les amphibiens ou les libellules, mais aussi des mammifères et des oiseaux qui vont venir s’y abreuver« , explique-t-elle. Découvrez comment parvenir à en créer une chez vous.

Pourquoi une mare naturelle LPO change la vie des oiseaux du jardin

Une mare, au sens du programme national sur les zones humides, reste une petite étendue d’eau, naturelle ou créée par l’humain, de moins de 5.000 m² et de moins de deux mètres de profondeur. En quelques mois après le creusement, de nombreuses formes de vie s’y installent : insectes aquatiques, têtards, batraciens. Pour les oiseaux du jardin, cette zone fraîche devient un lieu d’abreuvement, de bain et aussi de chasse aux insectes.

La LPO rappelle que la déshydratation est une autre menace majeure. L’assèchement des points d’eau oblige les animaux à parcourir de longues distances, parfois jusqu’à l’épuisement. Une mare limite ce risque, surtout en période de sécheresse. Les hirondelles et les martinets y trouvent l’eau dont ils ont besoin pour boire en vol ou récolter de la boue pour leurs nids, tandis que chevreuils, renards ou hérissons viennent s’y désaltérer à la tombée du jour. Le jardin se transforme alors en petite oasis pour tout le voisinage sauvage.

Créer une mare chez soi : les étapes clés conseillées par la LPO

Avant de sortir la pelle, la LPO recommande de vérifier auprès de la mairie la compatibilité du projet avec le Plan Local d’Urbanisme et la « loi sur l’eau » issue du Code de l’environnement. L’association conseille aussi d’éviter les zones déjà riches en biodiversité, comme une prairie humide intacte, pour ne pas la dégrader. Une petite mare naturelle de 3 à 20 m² suffit souvent, avec une zone profonde d’au moins 80 cm pour limiter le gel et l’assèchement, et au moins une berge en pente douce (5 à 15°).

Pour passer à l’action, les fiches pratiques de la LPO Auvergne-Rhône-Alpes proposent une marche à suivre simple :

  • Choisir un point bas du terrain, ensoleillé une partie de la journée, mais avec un peu d’ombre, loin des grands arbres et des apports de pesticides.
  • Tracer une forme aux bords sinueux, avec des paliers de profondeur et une berge en pente douce pour que les animaux puissent entrer et sortir facilement.
  • Assurer l’étanchéité avec un sol argileux bien compacté ou une bâche protégée par un feutre géotextile.
  • Remplir surtout avec de l’eau de pluie, en évitant les jets trop puissants qui érodent le fond.
  • Planter de mars à juin des plantes aquatiques et de berge locales, puis laisser la faune coloniser d’elle-même, sans introduire de poissons.

Petite mare, balcon ou jardin : conseils LPO contre moustiques et accidents

Tout le monde n’a pas la place ou l’autorisation de creuser une mare. Sur un balcon ou un petit jardin, la LPO conseille déjà un simple point d’eau en récipient : « un récipient peu profond, avec une pierre ou une pente douce pour éviter les noyades« , installé « à l’ombre et dans un endroit dégagé, où les animaux peuvent surveiller les prédateurs« . Pour éviter que ce mini-abreuvoir ne devienne un gîte à moustique tigre, l’association recommande de renouveler l’eau chaque matin, ce qui détruit les œufs.

Dans une vraie mare équilibrée, libellules, dytiques et larves de nombreux insectes limitent naturellement les moustiques. Côté sécurité, la LPO suggère de tenir compte des jeunes enfants : pentes douces, berges végétalisées qui freinent l’accès, surveillance. L’entretien se fait surtout en automne, entre octobre et novembre, en ne curant qu’une partie du plan d’eau chaque année pour préserver les refuges. Avec ce simple plan, même un jardin modeste peut offrir, en quelques mois, un refuge frais et vivant pour oiseaux, grenouilles et libellules en période de sécheresse.