Une baignade dans un lac des Pyrénées peut-elle vraiment poser problème ? Alors que ces coins de montagne attirent de plus en plus de randonneurs en quête de température plus clémente, les règles se durcissent dans plusieurs secteurs. Voici ce que vous devez savoir avant de vous mettre à l’eau.
Comment les baigneurs fragilisent les lacs de montagne
Saviez-vous que la baignade peut perturber les écosystèmes des lacs de montagne ? En effet, la crème solaire, les antimoustiques et les autres produits présents sur la peau passent dans l’eau. Virginie Gaszynski, du Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises, explique que ces substances peuvent notamment gêner les végétaux et les amphibiens comme les grenouilles, les têtards.
Les baigneurs apportent aussi des éléments pathogènes susceptibles d’affecter certaines espèces, précise Franck Reisdorffer, du Parc national des Pyrénées. Le piétinement peut également abîmer les berges. Ces milieux sont déjà fragilisés par le changement climatique, avec une eau plus chaude, plus acide et une composition chimique qui évolue.
Pyrénées : ces lacs où vous risquez 135 euros d’amende
C’est pour cela que la baignade n’est pas autorisée partout dans les Pyrénées. Dans le Parc naturel régional des Pyrénées ariégeoises, elle n’est interdite que dans trois lacs : Bethmale, Artax et Ayès. Dans le cœur du Parc national des Pyrénées, en revanche, aucun lac d’altitude n’est ouvert.
Cette règle figure dans un arrêté du 2 juin 2026 et s’applique aussi dans la réserve naturelle du Néouvielle depuis 2025. Une infraction peut entraîner 135 euros d’amende. Sur le terrain, Franck Reisdorffer explique que les agents misent encore sur l’information et la pédagogie auprès des visiteurs, selon France 3.
Lacs d’altitude : la baignade gagne du terrain
Il y a encore quinze ans, peu de randonneurs se mettaient à l’eau dans les lacs d’altitude. Elle était souvent trop froide pour y rester longtemps. Avec des températures qui montent, la pratique s’est installée et certains visiteurs viennent désormais en montagne avec l’idée de nager, constate Franck Reisdorffer.
Cette évolution accompagne aussi la hausse de la fréquentation touristique dans les massifs. Pour se rafraîchir, il conseille de se tourner vers les cours d’eau et d’éviter les endroits où l’eau stagne. Les secteurs rocheux offrent aussi des appuis plus solides que les berges sableuses ou fragiles.