Dans la chronique Dakota Gardener, une jardinière raconte qu’elle rêvait de récolter des tubercules de pomme de terre en forme de cœur. À la place, elle a vu débarquer un visiteur bien moins romantique : le doryphore du Colorado. À partir du 22 juin, elle a commencé à ramasser les adultes tous les deux jours et à écraser les amas d’œufs orangés sous les feuilles, persuadée d’avoir pris l’avantage.
Début juillet, la réalité l’a rattrapée : les larves ont explosé en nombre et certaines plantes ont été défoliées en un à deux jours seulement. Les adultes grignotent, mais les larves, elles, mangent presque sans arrêt. Avec son mari, cette jardinière s’est retrouvée à inspecter et à ramasser les insectes chaque jour ou un jour sur deux. Un scénario que bien des lecteurs reconnaîtront.
Dakota Gardener : reconnaître le doryphore du Colorado
Le doryphore du Colorado passe l’hiver sous terre, dans les jardins, les haies brise-vent, les champs et leurs bordures. Au printemps, les adultes émergent, se nourrissent puis s’accouplent. Les femelles déposent alors des amas d’œufs orange vif sur l’envers des feuilles, souvent plusieurs dizaines à la fois. Au cours de leur vie, elles peuvent pondre autour de 350 œufs, ce qui suffit à lancer une véritable armée.
Les œufs éclosent en général en moins de deux semaines, selon la température. Les jeunes larves, rouges, se déplacent sur toute la plante et se nourrissent feuille après feuille, puis deviennent rose pâle à mesure qu’elles grossissent. Elles traversent quatre stades de développement avant de se laisser tomber au sol, de s’enfouir pour se transformer en nymphes, puis de ressortir plus tard sous forme d’adultes.
Doryphore du Colorado : dégâts et seuils de défoliation
Dans la chronique, la surveillance a réellement commencé le 22 juin, avec le ramassage des adultes et l’écrasement des œufs. Début juillet, les larves ont pourtant pris le dessus. « Je pensais avoir l’avantage. J’étais trop confiante et j’ai vite été remise à ma place », écrit Dakota Gardener. Ces larves se nourrissent presque en continu et peuvent mettre une plante de pomme de terre à nu en un à deux jours.
L’autrice conseille de surveiller les plants avant la floraison, et reconnaît qu’elle aurait dû commencer au moins une à deux semaines plus tôt. Les pommes de terre tolèrent jusqu’à 30 % de défoliation avant la floraison. Après la floraison, quand les tubercules grossissent, elles ne supportent plus qu’environ 10 %. Au-delà, la récolte souffre, surtout si les attaques se répètent sur plusieurs jours.
Dakota Gardener : agir contre ces visiteurs indésirables
Face à l’invasion, le couple a combiné insecticides et ramassage manuel. « Nous avons utilisé des insecticides et les résultats ont été mitigés », résume la chronique Dakota Gardener. Les produits agissent surtout sur les jeunes larves et n’ont pas d’effet sur les œufs ni sur les nymphes dans le sol. Les doryphores du Colorado sont célèbres pour développer une résistance à de nombreux insecticides, ce qui rend la surveillance et le ramassage à la main particulièrement importants.
D’où l’importance de l’inspection régulière et du ramassage à la main, avec destruction ou trempage des insectes dans de l’eau savonneuse. L’article recommande aussi de planter des variétés de cycle court et d’utiliser des voiles anti-insectes avant l’apparition des doryphores. En automne, il faut enlever les résidus de pommes de terre et d’autres plantes hôtes comme l’aubergine, le poivron, la tomate et les morelles, afin de réduire le nombre d’adultes qui passeront l’hiver. « La leçon de cette histoire ? Commencer la surveillance plus tôt, rester persévérant et continuer à écraser ces coléoptères. Vive les pommes de terre fraîches poêlées, bon jardinage », conclut l’autrice.