À dix minutes à pied de l’Opéra de Sydney, le Royal Botanic Garden Sydney déroule 74 acres de pelouses, bassins et massifs. Entrée gratuite, vue sur le Harbour Bridge, plus de 27 000 plantes : pour tout passionné de jardin, ce parc ressemble à un carnet d’idées à ciel ouvert, où chaque allée donne envie de sortir son appareil photo.
Créé en 1816 et adossé à l’Australian Institute of Botanical Science, ce jardin expérimente et conserve des espèces du monde entier. Entre plantes tropicales luxuriantes et massifs de vivaces très familiers pour un jardinier français, il offre surtout des scènes d’aménagement faciles à « copier-coller » une fois de retour à la maison. Et là, les idées fusent.
Royal Botanic Garden Sydney, une mine d’idées jardin à ciel ouvert
Le climat chaud et humide de Sydney permet de voir en pleine terre des plantes que nous gardons d’ordinaire en pot : stromanthe, philodendrons, fougères géantes comme Asplenium nidus. À côté, on retrouve des zinnias, fuchsias, pétunias, sauges, géraniums, bégonias, hortensias ou rosiers, mis en scène dans des bordures très graphiques. Ce mélange de l’exotique et du connu donne des idées de palettes faciles à transposer.
La jardinière et autrice Fionuala Campion a été frappée par les grands aplats de couleurs. Elle décrit les vagues de feuillages et de fleurs du jardin comme « simples mais spectaculairement efficaces », et souligne que ce principe fonctionnerait tout aussi bien « à l’horizontale, dans un jardin de sous-bois bien ombragé ». Cette logique de répétition et de masses plantées sert de fil rouge à plusieurs espaces phares.
Plantes stars de Sydney à tester au jardin ou en pot
Parmi les coups de cœur tropicaux, Fionuala Campion cite le blue ginger, Dichorisandra thyrsiflora, au bleu intense, le beehive ginger Zingiber spectabile, le red tower ginger Costus comosus var. bakeri, ou encore les broméliacées Aechmea rubens et Aechmea fendleri. Ce sont des plantes de zones chaudes et humides, parfaites en véranda, serre tempérée ou grands bacs rentrés l’hiver dans la plupart des régions françaises. Elle confie à propos du blue ginger que « la fleur est si belle qu’elle fait littéralement arrêter la circulation ».
Plus accessibles sous nos latitudes, le flamboyant Hibiscus coccineus, originaire du sud-est des États-Unis, supporte des hivers modérément froids, tandis que le Callistemon citrinus ‘White Anzac’ offre un goupillon blanc très élégant. Les bordures d’été du Royal Botanic Garden Sydney misent aussi sur un mélange de salvias, échinacées, rudbeckias et géranium ‘Rozanne’, entourés d’annuelles comme les pétunias ou zinnias. Les zones de rusticité USDA mentionnées par l’autrice restent un repère approximatif : en France, il faut toujours vérifier la résistance au froid localement et ajuster l’arrosage.
Trois idées d’aménagement à copier : mur végétal, jardin sec, fontaine fleurie
À The Calyx, un pavillon contemporain au cœur du jardin, un mur végétal incurvé de près de 51 m de long sur 6 m de haut aligne plus de 18 000 plantes, réparties en 21 zones d’arrosage. Heucheras de toutes couleurs, impatiens et fougères y dessinent des vagues de textures, avec des « rivières » de fleurs vives. Chez soi, impossible de reproduire cette échelle, mais l’idée reste exploitable sur un simple mur ombragé avec des poches de culture ou des modules verticaux, reliés à un goutte-à-goutte. Fionuala Campion avoue que cette installation l’a tellement marquée qu’elle se surprend à « fixer les murs ombragés depuis son retour, en imaginant ce qu’elle pourrait y faire ».
Autre source d’inspiration, le Succulent Garden joue les jardins secs sculpturaux avec rochers, cactus, agaves et euphorbes mis en valeur par des bordures en métal rouillé de type Corten. À petite échelle, on peut recréer ce style dans un massif bien drainé ou une grande jardinière : rosettes d’echeverias ou de joubarbes au premier plan, formes dressées derrière, paillage minéral et arrosages très espacés. Plus loin, des fontaines classiques ont été transformées en « fontaines de pétunias » : bassins vidés, remplis de substrat léger et tapissés d’annuelles retombantes. Une scène simple à adapter sur une vieille vasque de jardin, et qui illustre bien l’idée que, pour certains, comme le résume Fionuala Campion, « il n’existe pas de meilleur souvenir que de rentrer chez soi avec de nouvelles plantes en tête et des idées de design venues de l’autre hémisphère ».