Ce banc capitonné des années 80 que vous laissez filer en friperie peut valoir bien plus que vous ne pensez

Dans un rayon meubles un peu tristounet, un long banc capitonné sous une housse en plastique peut passer totalement inaperçu. Pour certains chineurs, ce genre de pièce s’est pourtant transformé en véritable ticket gagnant : acheté quelques dizaines d’euros en friperie, il se revend ensuite plusieurs milliers sur les plateformes spécialisées. Derrière ce scénario digne d’une émission de brocante se cache un modèle bien précis.

Ce banc tapissé aux lignes arrondies appartient à la famille des bancs Waterfall Karl Springer des années 80, une icône design souvent associée au créateur new-yorkais. Ces pièces, nées dans le sillage du courant Art Deco Revival, circulent aujourd’hui chez les antiquaires, dans les ventes aux enchères et, plus rarement, sur les étagères de nos ressourceries. Reste à savoir comment repérer ce fameux banc avant tout le monde.

Reconnaître un banc Waterfall Karl Springer des années 80

Visuellement, un banc Waterfall se distingue d’abord par son profil en U renversé : l’assise et les côtés forment une seule et même courbe, sans rupture, comme une petite arche capitonnée. Aucune structure apparente, tout est gainé de tissu. Les versions signées Karl Springer utilisent souvent des matières luxueuses comme le velours, le cuir ou le bouclé, avec des proportions généreuses et une finition très soignée.

Dans une friperie ou une brocante, vous n’aurez parfois que quelques secondes pour décider si le banc devant vous mérite un second regard. Quelques indices rapides peuvent aider à faire le tri, même pour un œil non expert.

  • Silhouette en pont, sans pieds séparés ni accoudoirs.
  • Lignes très arrondies, inspirées des meubles Art Deco des années 1930 et 1940.
  • Garnissage épais, souvent en velours, cuir ou bouclé, plutôt en ton uni.
  • Format banc long ou petit pouf allongé, toujours avec cette courbe continue typique.

Un designer de New York qui fait exploser la valeur

Designer installé à New York, Karl Springer est devenu, dans la seconde moitié du XXe siècle, l’un des créateurs de mobilier les plus recherchés par les célébrités et certaines familles royales. Ses pièces sculpturales étaient vendues dans des enseignes de luxe comme Lord et Taylor ou Bergdorf Goodman. Dans les années 80, il a décliné ce vocabulaire très glamour sur toute une série de bancs Waterfall, en différentes tailles et finitions.

D’après le site House Digest, les bancs Waterfall d’époque sont le plus souvent vendus par des marchands et aux enchères. Un modèle attribué à Karl Springer peut partir de quelques milliers de dollars et grimper jusqu’à plusieurs dizaines de milliers selon l’état et la version. Un exemple haut de gamme, avec cuir et détails en bois, est affiché à 11 500 dollars, soit environ 10 500 €.

Sur la plateforme 1stDibs, les annonces de bancs Waterfall signés tournent autour d’un prix moyen d’environ 2 488 dollars, soit près de 2 300 €, avec une fourchette allant d’environ 700 dollars (650 €) à 5 200 dollars (4 800 €). Un modèle postmoderne tapissé de velours léopard est même proposé à 3 400 dollars, soit un peu plus de 3 100 €.

Où le dénicher, comment l’acheter et l’intégrer chez vous

Un banc Waterfall d’époque apparaît surtout dans les ventes de succession, les dépôts-vente haut de gamme et, plus rarement, dans les rayons meubles des friperies. Si vous tombez sur une pièce qui coche plusieurs critères, prenez vite quelques photos, vérifiez la solidité de la structure en vous asseyant, inspectez les coutures et cherchez d’éventuelles étiquettes ou traces d’un ancien tapissier.

Une fois à la maison, ce type de banc fonctionne aussi bien en bout de lit qu’autour d’une table de salle à manger ou devant un canapé, en guise de table basse moelleuse.