Gaillarde : la fleur qui aime la chaleur, fleurit jusqu’en automne et nourrit la faune
Entre 33 °C le 27 septembre et jusqu’à 35 °C le 1er octobre dans le Sud-Ouest, les records se succèdent. « C’est tout à fait incroyable. Et ce n’est pas fini », prévient le climatologue Serge Zaka, qui annonce « des températures au niveau ou au-dessus des records d’un mois d’octobre ». Dans ce contexte, de nombreuses plantes de jardin accusent le coup et raccourcissent leur floraison.
Quand certaines espèces se préparent à la dormance, d’autres profitent de cette chaleur prolongée. Les jardiniers cherchent donc des vivaces capables de tenir sous le soleil sans s’écrouler. C’est précisément le cas d’une fleur issue des prairies nord-américaines, la gaillarde, qui se montre étonnamment à l’aise dans ces nouvelles conditions.
Une floraison longue qui se prolonge jusqu’aux premières gelées
Originaire des prairies chaudes et poussiéreuses, la gaillarde (Gaillardia) porte de grandes fleurs en forme de marguerites, dans des tons rouge et jaune très lumineux. Ce sont des vivaces de courte vie qui commencent à fleurir à partir du milieu de l’été et continuent souvent jusqu’aux premières gelées. Plantées en situation favorable, elles peuvent même fleurir sans interruption de juin à octobre tout en supportant la chaleur et la sécheresse une fois bien installées.
Pour la paysagiste Stacilyn Feldman, « la gaillarde est une contributrice au jardin d’une facilité et d’une gaieté incroyables. Elle attire à la fois les abeilles, les papillons et les amateurs de fleurs à couper grâce à sa longue période de floraison ». Les variétés classiques atteignent environ 61 à 91 cm de hauteur pour 61 cm d’envergure, ce qui en fait de belles touffes colorées en bordure, en massif ou en grande potée au soleil.
Les bonnes conditions pour une gaillarde vraiment sans souci
Mary Phillips, de la National Wildlife Federation, résume bien ses besoins : « La gaillarde est l’une de ces plantes indigènes fiables qui brillent vraiment pendant la période la plus chaude de la saison de croissance. Pour en tirer le meilleur, plantez-la en plein soleil dans un sol bien drainé et évitez de trop arroser ou de trop fertiliser ». Elle conseille aussi : « Plantez la gaillarde dans un endroit qui reçoit au moins six à huit heures de soleil direct par jour ». Un sol pauvre, sableux ou graveleux lui convient mieux qu’une terre riche et lourde.
Cette adaptation vient de son origine : « La gaillarde a évolué dans des prairies ouvertes, des steppes et des habitats sableux où la lumière intense, les températures élevées et les épisodes de sécheresse sont fréquents », explique Mary Phillips. « Ses systèmes racinaires profonds aident la plante à économiser l’eau et à fleurir même pendant les sécheresses estivales. Elle donne le meilleur d’elle-même dans des sols pauvres et bien drainés, y compris les sols sableux ou graveleux, et elle ne tolère pas les conditions mal drainées ou constamment humides ». Un arrosage régulier la première année suffit ensuite à en faire une plante très sobre en eau.
Une alliée de la biodiversité, pour peu d’entretien
L’entretien reste limité. « Le fait de supprimer les fleurs fanées prolonge la floraison, donc les fleurs défleuries peuvent être coupées jusqu’à une feuille saine ou un bourgeon latéral pendant tout l’été », explique la spécialiste des plantes Laura Coggan. « À l’approche de l’automne, laissez quelques fleurs tardives intactes. Cela permet aux graines de se développer pour les oiseaux tandis que les fleurs restantes continuent de fournir du nectar et du pollen aux abeilles et aux papillons ». Même sans tailler, la plante se ressème facilement et revient souvent d’elle-même.
Pour les amoureux de nature, Laura Coggan met en avant une variété compacte : « La gaillarde ‘Spintop Mariachi Copper Sun Improved’ mérite aussi d’être mentionnée lorsque la valeur pour la faune est une priorité. C’est une plante compacte, très ramifiée, avec des tiges solides et une période de floraison particulièrement longue et abondante. Ses fleurs riches en nectar et en pollen attirent les abeilles et les papillons, tandis que les têtes de graines attirent des oiseaux comme les chardonnerets ». Stacilyn Feldman ajoute qu’elle est « relativement résistante aux maladies et n’est généralement pas sensible aux cervidés ni aux lapins », ce qui confirme son statut de plante à peu d’entretien idéale pour les jardins secs et ensoleillés.