Fin août, quand les soirées restent chaudes mais que le jardin accuse le coup, je fais le tour de mes massifs avec un autre regard. Entre les touffes grillées par les canicules répétées, une vivace fine et violette reste droite, presque imperturbable. Pas d’arrosage quotidien, pas de paillage sophistiqué, et pourtant elle continue à fleurir. C’est cette survivante-là que j’ai décidé de multiplier cet automne.
Comme la jardinière britannique Rachel Bull, responsable des jardins pour le magazine Homes and Gardens, je regarde désormais quelles plantes ont vraiment tenu le choc. Chez elle, la star est Verbena bonariensis, la fameuse verveine de Buenos Aires. Elle explique : « Cet été, elle s’est révélée incroyablement résistante aux conditions chaudes et sèches et, une fois bien installée, elle supporte remarquablement bien les périodes de chaleur et de sécheresse ». De quoi revoir entièrement ma liste de plantes à multiplier avant l’automne.
Verbena bonariensis : la verveine de Buenos Aires, alliée des jardins en canicule
Dans son jardin soumis à une longue vague de chaleur, Rachel Bull a gardé un œil sur cette verveine haute et légère. Elle raconte : « Alors que beaucoup de mes annuelles, et même quelques jeunes sauges, avaient fané prématurément à cause de la chaleur extrême, la verveine offrait un refuge sûr aux papillons et aux abeilles ». Elle y voit une double force : une plante qui encaisse la sécheresse tout en nourrissant les pollinisateurs quand le reste du décor s’effondre.
Visuellement, Verbena bonariensis a aussi des atouts : cette vivace apporte de la hauteur et du mouvement sans alourdir le massif, grâce à ses tiges fines surmontées de fleurs violettes. Rachel Bull n’en avait planté que quatre pieds début mai devant une clôture nue, et ils ont très vite rempli le massif.
Bouture de verveine de Buenos Aires : le bon moment et les bons gestes
Fin août et début septembre, les tiges de verveine de Buenos Aires sont encore pleines de sève et l’air reste assez doux pour enclencher l’enracinement. C’est le moment que Rachel Bull choisit pour multiplier ses vivaces : « Mon jardin est très grand, et prélever des boutures est la meilleure façon de le remplir sans dépenser une fortune ».
Je procède comme elle, avec une méthode simple. Je coupe des pousses latérales vigoureuses, idéalement non fleuries, d’une dizaine de centimètres, juste sous un nœud. J’enlève les feuilles du bas pour ne garder que deux ou trois paires, je pique les tiges dans un substrat très drainant et j’arrose légèrement, juste pour humidifier, en gardant le tout à mi-ombre, à l’abri des pluies battantes. Pour cela, il me faut seulement :
- un sécateur bien affûté et désinfecté ;
- des petits pots ou plaques alvéolées ;
- un mélange léger de terreau et sable ou perlite ;
- un sac transparent ou une mini-serre pour garder l’humidité.
Jeunes verveines de Buenos Aires : où les installer pour préparer les prochaines canicules
Après quelques semaines, quand les boutures résistent à un léger tirage, je les rempote individuellement. Dans les régions aux hivers froids, les jeunes verveines passent l’hiver hors gel, car la plante est donnée pour une rusticité d’environ -7 °C en sol bien drainé.
Au printemps, je les installe en plein soleil, en groupes, dans un sol bien drainé. La verveine se ressème souvent : je garde les semis utiles, j’arrache les autres pour éviter qu’elle n’envahisse tout.