Dès que quelqu’un veut poser une plante verte sur la table de nuit, la même remarque revient : « Tu es fou, elles vont te voler l’oxygène pendant que tu dors ». Cette mise en garde se transmet depuis des années, au point que beaucoup bannissent les pots de fleurs de la chambre par peur de mal dormir.
Pour le jardinier espagnol Joan Calderón, cette peur n’a pourtant rien de fondé. Dans une vidéo publiée sur TikTok, il affirme : « Les gens pensent que les plantes dans la chambre sont mauvaises. C’est exactement l’inverse », avant d’assurer qu’avoir quelques plantes dans la chambre aide à mieux dormir. Mais que se passe-t-il vraiment la nuit dans ces feuilles vertes ?
Pourquoi le mythe des plantes dans la chambre qui voleraient l’oxygène persiste
Le cœur du malentendu vient du fonctionnement même des plantes. Le jour, elles font de la photosynthèse : elles absorbent du dioxyde de carbone, rejettent de l’oxygène et participent à renouveler l’air. La nuit, ce processus s’arrête et la plante respire, comme nous, en consommant un peu d’oxygène. Joan Calderón résume pourtant : « Non, elles ne te volent pas l’oxygène la nuit. C’est un mythe ».
Les chiffres replacent vite les choses. Selon des estimations relayées par la presse spécialisée, une personne endormie consommerait environ cinq cents fois plus d’oxygène qu’une petite plante d’intérieur pendant une nuit. Autrement dit, dans une chambre classique, ce ne sont pas trois pots de sansevières qui vont épuiser l’air disponible, idée que confirment les guides de qualité du logement comme ceux publiés par l’organisme français Qualitel.
Dormir avec des plantes : bénéfices réels et précautions à connaître
Pour Joan Calderón, les plantes dans la chambre ne sont pas seulement inoffensives, elles deviennent des alliées du repos. Dans sa vidéo, il explique que leur simple présence rend la pièce plus accueillante, aide à se détendre avant de s’endormir et donne la sensation de mieux respirer. Des travaux sur les environnements intérieurs associent aussi la vue de végétation à une baisse du stress.
Le jardinier rappelle un point simple : aucune plante ne remplace une bonne aération. Les organismes de conseil comme Qualitel recommandent d’ouvrir les fenêtres au moins dix minutes par jour pour renouveler l’air d’une chambre, qu’elle contienne ou non des pots. Les seules vraies limites concernent les personnes très allergiques, les excès d’arrosage qui augmentent l’humidité, ou la présence d’espèces toxiques pour enfants et animaux.
Quelles plantes choisir pour la chambre sans craindre pour l’oxygène
Dans son conseil viral, Joan Calderón cite trois espèces faciles qu’il juge idéales pour une chambre. Elles ont en commun d’être robustes, simples à entretenir et mises en avant pour leur capacité à supporter l’air intérieur tout en participant à un climat plus agréable.
- La langue de belle-mère ou sansevière reste résistante, supporte bien les pièces peu lumineuses et nécessite peu d’arrosage ; elle fait partie des plantes souvent citées pour libérer un peu d’oxygène la nuit.
- L’aloe vera apprécie les chambres lumineuses ; ses feuilles épaisses peuvent présenter des taches brunes en présence de fumée ou de certains polluants, ce qui en fait une sorte d’indicateur de la qualité de l’air.
- La plante ruban, aussi appelée plante araignée, arrive en tête des préférences de Joan Calderón, qui lâche à son sujet : « C’est la reine », en raison de sa capacité à absorber des composés de l’air intérieur.
Avant de transformer la chambre en jungle, les spécialistes recommandent de rester raisonnable : des plantes dans la chambre suffisent, surtout si la pièce est petite. Mieux vaut choisir des pots percés avec une soucoupe, éviter l’eau stagnante et placer les plantes près d’une source de lumière indirecte, loin des radiateurs. En combinant cela avec une aération quotidienne, le mythe du « vol d’oxygène » laisse place à une chambre verte et à un sommeil serein.