Début septembre, ce geste avec les feuilles mortes évite que votre pelouse ne devienne toute brune, selon les experts

Début septembre, le jardin a souvent l’air fatigué : gazon piétiné par les jeux d’été, traces de sécheresse, touffes plus clairsemées. Dans beaucoup de jardins, on range la tondeuse en se disant que la saison est presque finie. Pourtant, c’est justement à ce moment charnière que se joue la santé de la pelouse pour tout l’automne et une bonne partie de l’hiver.

Les spécialistes du gazon rappellent que les premiers jours de septembre ne sont pas une simple transition, mais une véritable fenêtre d’action. C’est là qu’une tâche très simple, répétée régulièrement à la surface du gazon, peut décider si votre pelouse restera dense et verte ou se couvrira de plaques brunes dans quelques mois.

Pourquoi les feuilles mortes deviennent un problème dès septembre

Pour Craig Wilson, cofondateur de Gardeners Dream et expert jardinage cité par le site gallois WalesOnline, le secret tient à ces premières feuilles qui commencent à tomber. Il recommande de les ratisser dès qu’elles s’accumulent sur le gazon, au lieu d’attendre qu’un tapis épais recouvre tout. « Pour que votre pelouse reste en bonne santé tout au long de l’automne et de l’hiver, elle doit pouvoir bien respirer et absorber suffisamment d’eau, d’oxygène et de lumière du soleil », explique Craig Wilson.

La Royal Horticultural Society (RHS) va dans le même sens et conseille de retirer les feuilles mortes des pelouses, car elles bloquent la lumière et l’humidité dont l’herbe a besoin. Quand elles restent humides et compactées, ces feuilles forment une couche lourde qui empêche l’air de circuler, favorise les champignons et la mousse, et crée un environnement idéal pour certains ravageurs, avec à la clé des plaques dégarnies au printemps.

Ratisser, broyer ou laisser : la règle simple sur la pelouse

Les guides de jardinage nord-américains, comme ceux de l’Université du Wisconsin ou de la Ville de Montréal, insistent sur l’idée de dosage plutôt que sur le « tout ramasser ». Une fine dispersion de feuilles peut être tolérée, voire utile, mais pas un matelas continu. Pour s’y retrouver, certains experts proposent des repères visuels faciles à appliquer dans le jardin.

  • Moins d’environ 20 % de surface couverte : on peut laisser les feuilles sur place.
  • Autour de 50 % de surface couverte : passer la tondeuse pour les déchiqueter en petits morceaux (feuillicyclage).
  • Couche presque continue : retirer au moins la moitié des feuilles, puis broyer le reste.

Cette stratégie rejoint les conseils publiés par la Ville de Montréal, qui recommande dès la fin août et le début septembre de déchiqueter les feuilles directement sur la pelouse quand la couche reste mince. Broyées en petits fragments, elles se glissent entre les brins, se décomposent rapidement et nourrissent le sol, tout en évitant que le gazon soit privé de lumière pendant des semaines.

La bonne méthode pour ratisser les feuilles sans abîmer le gazon

Pour ne pas arracher l’herbe, la RHS conseille l’usage d’un râteau à dents ressort, assez souple pour suivre le sol tout en enlevant les débris et le feutrage. Mieux vaut ratisser quand les feuilles sont sèches et que le terrain n’est pas détrempé. Quelques passages légers une ou deux fois par semaine suffisent souvent pendant la période de chute, plutôt qu’une grande séance éreintante où l’on gratte trop fort.

Craig Wilson rappelle aussi qu’une couche épaisse et humide de feuilles crée un refuge pour les ravageurs et favorise des maladies, avec des plaques brunes à réparer au printemps. En ramassant régulièrement, on limite ces risques et l’on récupère une ressource : les feuilles partent au compost ou servent de paillis au pied des massifs, pendant que la pelouse respire mieux tout l’hiver.

Sources