Fin d’été : cette erreur avec vos annuelles fait perdre des fleurs jusqu’aux gelées, que garder et que remplacer

Les jardinières débordaient de fleurs en juillet, et soudain vos annuelles d’été ont l’air dépenaillées, trouées de feuilles et couvertes de graines sèches. Après des semaines à supporter chaleur et arrosages irréguliers, beaucoup arrivent tout simplement au bout de leur cycle et cessent de fleurir, même si vous continuez à les chouchouter.

C’est justement à ce moment charnière, à la fin de l’été, que le jardin se joue : garder des touffes fatiguées qui hébergent maladies, ou repartir sur un décor net et coloré jusqu’aux premiers froids. Avec, en bonus, quelques fausses annuelles qui méritent d’être sauvées plutôt qu’arrachées.

Fin d’été : quand arracher les annuelles d’été et quand les sauver

Une annuelle naît au printemps et meurt la même année, en automne ; son cycle se fait en une seule saison et, bien installée, elle peut offrir jusqu’à six mois de floraison. En fin d’été, pois de senteur et cosmos ont souvent déjà monté en graines et perdu toute tenue. Les enlever et les mettre au compost libère de la place, limite la propagation de ravageurs et permet de préparer la relève.

Pourtant, tout n’est pas bon à jeter. Les fameux « géraniums » de balcon sont en réalité des pélargoniums, des vivaces gélives. Ils ne meurent pas de vieillesse, ils gèlent. Dès que les nuits tournent autour de 10 °C, on les rabat d’un tiers à la moitié, on retire les feuilles jaunies et on les rentre hors gel, dans un local sombre, sec, entre 5 et 10 °C. Conservés en pot avec un arrosage minimal, environ une fois par mois, ils refleuriront au printemps, souvent plus vigoureux qu’au premier été.

Nettoyer les massifs d’annuelles d’été en fin de saison, étape par étape

Une fois triées les vraies annuelles et les pélargoniums à hiverner, vient le grand nettoyage. Les fleurs grillées, tiges desséchées et feuilles tachées abritent facilement pucerons, acariens et champignons, surtout quand le temps devient lourd et humide. Retirer soigneusement racines, débris et fleurs fanées aère le massif, réduit les risques de pourriture et évite que des maladies ne se transmettent aux vivaces voisines.

Le sol des bacs et pots a lui aussi besoin d’un coup de frais. Après des mois de floraison, il s’est appauvri en nutriments. Beaucoup de jardiniers profitent de la fin août pour étaler une couche de compost, qui remplace les éléments perdus, aide les terres sableuses à retenir l’eau et allège les sols argileux. On en profite pour arroser à fond et, si possible, installer un tuyau micro-poreux ou un goutte-à-goutte qui apportera l’eau directement au pied des nouvelles plantations, sans gaspillage.

Par quoi remplacer les annuelles d’été : idées de plantes jusqu’à l’automne

Pour combler rapidement les trous, les choux d’ornement, Brassica oleracea var. capitata, offrent un feu d’artifice de blanc, rose, rouge ou violet. Leur couleur se renforce même quand les températures baissent, ce qui les rend parfaits en bordures ou en potées. Les chrysanthèmes vivaces (Chrysanthemum) prennent le relais avec une palette immense de formes et de hauteurs ; ils aiment un sol bien drainé, car leurs racines pourrissent en terre froide et gorgée d’eau. Un paillage de 5 à 7,5 cm en fin d’automne, avec paille ou aiguilles de pin, aide à protéger la motte du gel.

Pour une floraison de relais très longue, les asters du genre Symphyotrichum, comme le New England aster, s’embrasent de la fin de l’été jusqu’à l’automne et montent jusqu’à 90 à 180 cm, tout en nourrissant les pollinisateurs. Les anémones du Japon (Anemone hupehensis, Anemone × hybrida) installées à mi-ombre fleurissent de l’été aux premières gelées, mais leur rhizome s’étend facilement : en pot, elles restent mieux contenues. Leur sève étant irritante, le port de gants est conseillé. En pots, les pensées (Viola × wittrockiana) apprécient les températures fraîches, entre 7 et 18 °C, au soleil ou à mi-ombre, et colorent les jardinières en quelques jours.

  • Pour le printemps suivant, pensez dès maintenant aux annuelles mellifères comme tournesols, soucis (Calendula), Tagetes, zinnias, cosmos, alysson maritime et capucines.

Sur ces annuelles comme sur celles qui restent encore belles, supprimer régulièrement les fleurs fanées reste l’un des meilleurs gestes pour prolonger la floraison jusqu’aux gelées. Jennifer Foster, de Fast Growing Trees, résume : « Toujours couper à un point juste au-dessus d’un ensemble de feuilles pour garder la plante soignée et lui donner la meilleure chance de résister aux ravageurs et aux maladies à l’emplacement de la coupe. Utilisez des sécateurs propres et tranchants et coupez en biais ». Quelques minutes par semaine suffisent à garder le jardin vivant jusqu’à l’automne avancé.

Sources