7 plantes à tailler en septembre pour une dernière floraison et un jardin prêt pour l’automne
Septembre arrive, les couleurs d’été se fanent et beaucoup de jardiniers ont la main qui démange sur le sécateur. Entre massifs défleuris et tiges qui s’affaissent, la tentation est grande de donner un grand coup de propre à tout le jardin, comme une coupe de cheveux uniforme. Ce réflexe rassurant peut pourtant coûter plusieurs semaines de fleurs ou de récoltes.
Pour certaines plantes à tailler en septembre, une retouche ciblée déclenche une dernière vague de floraison, améliore la maturation des fruits et prépare la plante à affronter le froid. Pour d’autres, la même taille ferait disparaître les boutons déjà en place pour le printemps suivant. Le secret tient à quelques règles simples et à 7 plantes bien choisies.
Taille de septembre : comment préparer le jardin sans épuiser les plantes
Les botanistes de la Royal Horticultural Society et du Brooklyn Botanic Garden insistent sur la différence entre le bois de l’année et le vieux bois. Sur ce bois plus âgé, les boutons de l’année suivante sont déjà formés dès la fin de l’été ; les couper en septembre revient à sacrifier la floraison future. La paysagiste Jo McGarry constate que « septembre est le moment où beaucoup de gens commencent à vouloir tout ranger, mais je retiendrais vraiment mon geste sur certaines plantes ». Garder des tiges en place protège aussi le pied du gel et offre abri aux insectes.
L’architecte paysagiste Kevin Lenhart rappelle que « la meilleure période pour une taille forte reste la fin de l’hiver, vers février ». En fin d’été, nuance-t-il, « il est possible de supprimer les fleurs fanées, de couper les tiges mortes ou malades et de rediriger les pousses indisciplinées ». La paysagiste Kat Aul Cervoni résume : « Il faut viser une taille sélective et stratégique en fin d’été, plutôt que de donner une coupe uniforme à tout le plant ». Sécateur bypass bien affûté, coupe nette juste au-dessus d’une feuille, et désinfection régulière à l’alcool isopropylique à 70 % complètent ce mode d’emploi. Dès que les nuits deviennent franchement fraîches, on arrête de couper.
7 plantes à tailler en septembre pour une dernière floraison
Sur les tomates indéterminées (Solanum lycopersicum), une taille légère concentre l’énergie sur les fruits existants. Quatre à six semaines avant les premières gelées habituelles, on étête la tige principale deux feuilles au-dessus de la dernière grappe que l’on espère voir rougir, et l’on retire les feuilles jaunies ou tachées, surtout si elles touchent le sol. Le basilic (Ocimum basilicum) réagit lui aussi très vite : pincer chaque épi de fleurs juste au-dessus d’une paire de feuilles favorise une repousse de feuillage tendre, en veillant à ne jamais enlever plus d’un tiers de la plante en une fois. Le phlox paniculé (Phlox paniculata) gagne à voir ses grosses inflorescences fanées coupées au niveau d’un nœud ; dans les régions à automne long, des pousses latérales offrent parfois un petit rappel de fleurs.
La lavande (Lavandula angustifolia) accepte en septembre une taille de propreté après floraison : on coupe les épis secs et l’on raccourcit le feuillage d’un tiers pour reformer un coussin dense, sans jamais entamer le vieux bois gris, qui ne reverdit pas. La glycine (Wisteria sinensis ou Wisteria floribunda) se contente d’un raccourcissement des longues pousses de l’année, en les ramenant à cinq ou six feuilles depuis la base, ce qui prépare les futurs bouquets de fleurs. Les hémérocalles (Hemerocallis spp.) profitent du retrait des hampes florales sèches à la base et des feuilles jaunes ou tachées, tout en gardant les éventails verts qui nourrissent les racines. Sur les groseilliers, cassis et groseilles à maquereau (Ribes rubrum, Ribes nigrum, Ribes uva-crispa), on raccourcit les pousses latérales de l’année à environ cinq feuilles et l’on supprime les rameaux faibles ou croisés pour créer une forme en coupe, aérée et prête pour la fructification de l’an prochain.
Taille de septembre : plantes à ne pas couper pour garder la floraison
À l’inverse, plusieurs plantes gagnent à rester intactes maintenant. Les hortensias à grosses têtes et à feuilles de chêne, qui fleurissent sur le vieux bois, installent déjà leurs bourgeons pour le printemps sur les tiges actuelles. Les graminées ornementales, les échinacées et les sédums gardent tout l’hiver une silhouette graphique ; leurs graines nourrissent les oiseaux et leurs tiges abritent une petite faune utile, comme le souligne le Chicago Botanic Garden. Même la lavande, si elle supporte une légère remise en forme, ne doit jamais être rabattue sévèrement en septembre sous peine de dépérir.
Pour ces plantes sensibles, les experts recommandent de se limiter à retirer ce qui est réellement mort, cassé ou malade, en laissant le gros de la structure pour la fin de l’hiver ou le début du printemps. Lors du tour de jardin de septembre, on peut donc alterner les gestes : concentrer la taille sur les tomates indéterminées, le basilic, la lavande bien installée, la glycine, le phlox, les hémérocalles et les groseilliers pour encourager une dernière belle phase de végétation, tout en épargnant hortensias sur vieux bois, graminées, échinacées et sédums. Cette lecture plante par plante permet d’entrer doucement dans l’automne avec un jardin à la fois net, vivant et déjà tourné vers la saison prochaine.