Une file de fourmis qui longe la terrasse, grimpe sur les pots, colonise la cuisine… et au milieu du jardin, une plante aux pompons jaune d’or que les insectes semblent éviter. Derrière ces bouquets ronds très visibles se cache un atout discret pour qui cherche des solutions naturelles.
Cette vivace de la famille des Astéracées, au parfum de camphre et de bois, est la tanaisie commune. Les jardiniers qui misent sur des méthodes « maison » l’utilisent comme barrière végétale et comme base de préparations répulsives. Son effet sur les fourmis intrigue, et pour cause.
Tanaisie commune : la vivace aux pompons jaunes qui dérange les fourmis
Tanacetum vulgare est une plante vivace originaire d’Europe, qui pousse spontanément le long des chemins et en terrains vagues. Elle forme des touffes de tiges dressées, hautes d’environ 1 mètre, garnies d’un feuillage vert foncé très découpé. En été, ses inflorescences en corymbes portent ces fameuses billes jaunes, serrées comme de petits boutons, très repérables au jardin.
Derrière son aspect décoratif, la tanaisie renferme des principes actifs aux propriétés fongicides et surtout insectifuges. Les fiches jardin la décrivent comme capable d’éloigner punaises, tiques, mites, puces et bien sûr fourmis. Son odeur camphrée et la composition de ses tissus créent un environnement que beaucoup d’insectes préfèrent contourner. La plante peut être utilisée telle quelle ou transformée en poudre ou en préparations liquides plus concentrées.
Où planter la tanaisie commune pour limiter les fourmis au jardin
Plantée au bon endroit, la tanaisie agit comme une petite barrière végétale. Les spécialistes conseillent de l’installer en massif, en bordure ou en pot, selon la zone à protéger. L’idée est de placer les touffes près des passages habituels des fourmis ou autour des cultures sensibles qu’elles visitent pour « élever » les pucerons et récolter leur miellat.
La plante aime les sols ordinaires mais bien drainés, en situation ensoleillée. On laisse environ 40 cm entre deux pieds pour qu’ils forment une touffe dense sans étouffer le reste du massif. Sa hauteur proche d’un mètre invite à la placer plutôt en arrière-plan des bordures. Un point de vigilance revient souvent : les feuilles de tanaisie sont toxiques pour les mammifères, il est donc prudent d’éviter d’en planter là où chiens, chats ou lapins ont tendance à grignoter, ou à portée immédiate des jeunes enfants.
Infusion, décoction et purin de tanaisie : comment renforcer l’effet anti-fourmis
La plantation joue un rôle de fond, mais certains jardiniers complètent avec des préparations à base de tanaisie pour traiter des zones précises, comme un pied de mur ou le pourtour d’un pot très fréquenté. Une infusion se prépare en hachant 300 g de plante fraîche, recouverts d’un litre d’eau de pluie bouillante. On laisse reposer 24 heures, on filtre, puis on dilue à 10 % avant de pulvériser. Cette infusion ne se conserve pas plus d’une journée.
Pour une action plus soutenue au jardin, les recettes mentionnent aussi la décoction et le purin de tanaisie. La décoction utilise 30 g de fleurs sèches, ou 150 g fraîches, pour 1 litre d’eau : une journée de macération, puis vingt minutes de frémissement avant filtrage, là encore avec un usage rapide. Le purin se prépare en mélangeant 2 kg de tanaisie dans 10 litres d’eau de pluie, dans un récipient non métallique, brassé chaque jour ; au bout d’environ deux semaines, l’apparition de bulles signale qu’il est prêt. On le dilue à 20 % pour arroser au pied des plantes et on peut le conserver jusqu’à un an en bidon fermé, au frais et à l’abri de la lumière. Dans tous les cas, ces préparations se manipulent avec soin et se stockent hors de portée des animaux et des enfants.