Voir un simple pot de romarin se transformer en rangée de petits buissons parfumés, sans passer par la caisse de la jardinerie, fait envie. Cette vivace supporte bien la sécheresse, parfume les plats, attire les pollinisateurs et reste décorative presque toute l’année. Pourtant, beaucoup de jardiniers se contentent d’un unique pied, qu’ils coupent trop souvent et qui finit par dépérir. Multiplier le romarin soi-même change complètement la donne au quotidien.
Romarin : la méthode la plus simple pour le multiplier et en avoir presque toute l’année repose sur une technique : la bouture en pot, sous cloche, à partir d’une tige déjà bien installée. Le bouturage du romarin demande très peu de matériel, coûte presque rien et permet d’obtenir plusieurs plants identiques au pied d’origine. Un peu de timing, un geste précis, puis quelques semaines de patience suffisent. La suite est étonnamment rapide.
Bouture de romarin en pot : la méthode la plus simple
Pour une bouture de romarin vraiment accessible, les jardiniers privilégient un pot rempli d’un substrat drainant et une simple bouteille plastique servant de mini-serre. Ce principe de bouturage à l’étouffée garde l’humidité autour de la tige sans détremper la terre, ce que le romarin redoute. Le taux de reprise est généralement plus régulier qu’en eau, car les jeunes racines s’installent tout de suite dans un mélange proche de leur future terre de culture. Et tout se fait sur un coin de table.
Choisissez une tige saine de 10 à 15 cm, non fleurie, sur un pied vigoureux. Coupez-la net avec un sécateur désinfecté, puis retirez les feuilles sur le tiers inférieur. Plantez la partie dégarnie dans un petit pot percé rempli d’un mélange léger terreau et sable ou perlite, enfoncée de 3 à 5 cm. Arrosez sans excès, posez une bouteille coupée ou une cloche transparente sur le pot et placez-le à la lumière vive, sans soleil direct. Des racines se forment en général en deux à quatre semaines, perceptibles en tirant très légèrement sur la tige.
Quand bouturer le romarin pour réussir sans effort
Le moment choisi compte presque autant que le geste. Les sources de jardinage conseillent de bouturer surtout au printemps et au début de l’été, lorsque le romarin est en pleine croissance et que les températures remontent. En France, cela correspond souvent aux mois de mai et juin pour les tiges encore souples, dites herbacées, puis à la fin de l’été, en août et septembre, pour des tiges déjà aoûtées, donc un peu lignifiées. L’hiver reste en revanche une mauvaise période, la plante se mettant au repos et les boutures enracinant très lentement.
Sur le plant, prélevez de préférence des tiges de l’année, bien exposées à la lumière, sans fleurs ni boutons. Une tige en fleur concentre son énergie sur la floraison, pas sur les racines, ce qui réduit les chances de réussite. Préparer plusieurs boutures en même temps dans plusieurs petits pots permet d’augmenter les probabilités de reprise et de disposer, quelques mois plus tard, d’une véritable réserve de romarin. Certains jardiniers renouvellent ce rituel en fin d’été, parfois en combinant boutures et marcottage d’une branche basse.
Romarin presque toute l’année : organiser vos boutures et récoltes
Quand les racines sont là, retirez la cloche, puis rempotez en pot plus grand ou en pleine terre, toujours au soleil et en sol bien drainé. De nouvelles pousses bien vertes apparaissent souvent entre quatre et six semaines après la mise en pot. À ce stade, on peut couper quelques extrémités pour la cuisine sans affaiblir le plant.
Pour en profiter presque toute l’année, gardez un pied en pleine terre pour l’été et quelques jeunes romarins en pot, à l’abri du gel près de la maison. La bouture dans l’eau est aussi possible, à condition de changer l’eau souvent.