Soir d’été, lumière qui baisse, verre à la main… et déjà les moustiques tournent autour du salon de jardin. Beaucoup cherchent une solution plus douce que les sprays chimiques, avec une odeur agréable qui rappelle la nature. Une piste se détache : une odeur boisée, façon forêt de pins, que certains moustiques supportent très mal.
Depuis quelques années, des travaux scientifiques s’intéressent à cette fragrance résineuse issue du pin. Une étude a même mesuré jusqu’à 11 heures de protection pour certaines espèces en conditions contrôlées. Mais pour que cette huile essentielle de pin anti-moustique soit vraiment utile au quotidien, encore faut-il savoir comment elle agit, comment la préparer, et dans quels cas elle ne suffit pas.
Pourquoi l’odeur boisée de l’huile essentielle de pin dérange les moustiques
Les moustiques repèrent leurs proies grâce à un ensemble d’indices : dioxyde de carbone, odeur de la peau, humidité, chaleur. L’idée d’un répulsif naturel consiste à brouiller une partie de ces signaux, ou à rendre notre « empreinte olfactive » moins attirante. L’odeur de pin, très marquée, remplit l’air de molécules aromatiques résineuses qui créent une sorte de nuage dépaysant pour ces insectes.
Dans le Journal of Vector Borne Diseases en 2005, M.A. Ansari, P.K. Mittal, R.K. Razdan et U. Sreehari ont testé une huile issue de Pinus longifolia sur des moustiques. Les auteurs rapportent une protection de 100 % pendant 11 heures contre Anopheles culicifacies, et de 97 % pendant 9 heures contre Culex quinquefasciatus. En imprégnant des tapis chauffants, la protection atteignait encore 94 % au bout de 10 heures pour l’une des espèces et 88 % après 7 heures pour l’autre. Des chiffres élevés, mais obtenus dans des conditions bien maîtrisées.
Préparer un répulsif naturel à l’huile essentielle de pin pour la maison et le jardin
Dans le commerce, l’huile de pin est généralement vendue très concentrée. Des spécialistes signalent qu’utilisée pure, elle peut irriter la peau, provoquer une dermatite de contact, mais aussi gêner les yeux, le nez ou la gorge. Les personnes allergiques ou asthmatiques ont intérêt à demander l’avis d’un médecin avant d’y recourir, et tout le monde devrait réaliser un test sur une petite zone de peau avant un usage plus large.
Pour un spray maison, les recommandations restent simples : remplir un petit flacon pulvérisateur en verre avec 2 cuillères à soupe d’huile végétale neutre, comme de l’huile de coco ou de jojoba, puis ajouter 10 à 15 gouttes d’huile essentielle de pin. Après avoir bien agité, on teste la préparation sur l’avant-bras. Si aucune rougeur ni démangeaison n’apparaît après quelques heures, on peut l’appliquer sur les zones découvertes, en évitant le visage. L’odeur boisée parfume alors la peau et, dans une certaine mesure, l’air autour de la table ou du transat.
Jusqu’où compter sur l’odeur de pin contre les moustiques
Sur une terrasse abritée et peu ventée, cette odeur de forêt peut réellement rendre l’environnement moins accueillant pour les moustiques, pendant quelques heures. Dans la vraie vie, le vent disperse les molécules, la peau transpire, on se baigne ou on se change : tout cela réduit la durée de protection observée en laboratoire. Les autorités sanitaires, comme Santé publique France, rappellent que pour les zones où circulent la dengue, le chikungunya, le paludisme ou le virus du Nil occidental, les moustiquaires, les vêtements couvrants et les répulsifs cutanés homologués à base de DEET ou équivalents restent la référence.
L’intérêt du pin va toutefois bien au-delà de l’astuce de grand-mère. En 2008, des chercheurs du USDA Agricultural Research Service ont isolé, à partir de l’huile de pin, une molécule appelée isolongifolénone. Leur objectif : développer des répulsifs contre tiques et moustiques fabriqués à partir de ressources renouvelables issues du pin, en comparant leur activité à celle du DEET. Pour l’instant, cela reste surtout une piste pour de futurs produits. Pour le lecteur, l’essentiel est clair : en climat tempéré et pour un apéritif au jardin, l’odeur boisée de l’huile de pin offre une solution naturelle agréable, à utiliser en complément des gestes de protection classiques, sans la considérer comme un bouclier absolu.