Entre canicule tardive et pelouse grillée, beaucoup de jardiniers ouvrent plus souvent le robinet en fin d’été. En quelques semaines, l’arrosage du jardin peut alors peser presque autant que l’eau de la maison, surtout si l’on multiplie les passages au tuyau pour sauver les massifs.
Le réflexe paraît logique : arroser plus souvent, plus longtemps, partout. Pourtant, certains gestes entretiennent surtout l’évaporation, les fuites et les arrosages inutiles. Résultat, la facture d’eau grimpe alors que les plantes n’en profitent pas toujours vraiment.
Pourquoi la facture d’eau du jardin s’envole pendant la chaleur de fin d’été
Sous la chaleur, un arrosage en pleine journée nourrit surtout le soleil et le vent : une partie de l’eau s’évapore avant d’atteindre les racines. Les arrêtés sécheresse interdisent d’ailleurs souvent d’arroser entre 8 h et 20 h. L’outil officiel VigiEau permet de vérifier en quelques secondes ce qui est autorisé, avec à la clé des amendes possibles jusqu’à 1 500 € (3 000 € en cas de récidive) en cas d’infraction.
Autre cause de gaspillage : un matériel d’arrosage mal conçu ou mal entretenu. Un réseau de goutte-à-goutte trop long (au-delà d’environ 50 m), en faible diamètre ou avec filtre encrassé arrose bien le début de ligne et laisse la fin à sec. Pour compenser, on laisse tourner plus longtemps, donc on paie plus d’eau, alors qu’un simple nettoyage du filtre tamis 120 mesh toutes les 2 à 3 semaines en été suffit souvent à rétablir le débit.
10 erreurs d’arrosage de fin d’été qui font grimper la facture d’eau
Corriger quelques erreurs d’arrosage peut suffire à faire baisser la consommation, sans sacrifier les récoltes. Les experts de University of Minnesota Extension rappellent aussi qu’un paillage de 5 à 8 cm limite puissamment l’évaporation, ce qui réduit la fréquence d’arrosage nécessaire.
- Arroser en plein après-midi, sous soleil et vent, quand l’évaporation est maximale.
- Donner de petites gorgées chaque jour au lieu d’arrosages profonds mais espacés.
- Arroser dès que les feuilles semblent tristes, sans vérifier l’humidité du sol.
- Donner la même quantité d’eau aux tomates en production et à une lavande installée.
- Utiliser des arroseurs qui projettent haut et mouillent feuilles, allées et trottoirs.
- Laisser le sol nu, sans paillage de 5 à 8 cm ni binage pour casser la croûte.
- Programmer le goutte-à-goutte « un peu chaque jour » sans jamais contrôler la fin de ligne.
- Ignorer fuites de tuyaux, raccords qui gouttent et goutteurs partiellement bouchés.
- Arroser sans regarder la météo, juste avant un épisode pluvieux annoncé.
- Traiter les pots comme la pleine terre, alors qu’ils sèchent et chauffent beaucoup plus vite.
Un arbuste sobre comme l’althéa (Hibiscus syriacus) supporte bien des arrosages profonds espacés après une ou deux saisons d’installation, alors qu’un pot de basilic en plein soleil peut avoir besoin d’un contrôle quotidien. Feuillage mou en continu, feuilles qui jaunissent ou boutons qui tombent avant d’éclore signalent un stress hydrique extrême, pas seulement une petite soif passagère.
Récupération d’eau de pluie et bons réglages : le duo qui allège vraiment la note
Chaque litre d’eau de pluie utilisé au jardin remplace un litre d’eau potable facturée. « La collecte de l’eau de pluie peut réduire la facture d’eau d’un jardinier en diminuant la quantité d’eau traitée utilisée pour l’irrigation », explique Ellen Sturup Comeau. Elle rappelle aussi que « Un baril de pluie individuel recueille moins de 100 gallons d’eau », soit environ 380 litres, idéal pour les pots et massifs, moins pour une grande pelouse. « Le choix le plus populaire est le plastique pour son coût, sa qualité, sa facilité d’utilisation et sa disponibilité », détaille Ashly Tamayo, qui recommande une cuve opaque, en plastique alimentaire, avec couvercle, filtre, trop-plein et robinet.
L’eau stockée reste pourtant non potable. « L’eau de pluie collectée dans un baril de pluie n’est pas potable car plusieurs polluants, y compris des agents pathogènes, des métaux lourds et des pesticides, peuvent s’accumuler sur les toits et entrer dans les barils de pluie lors d’un épisode pluvieux », avertit Ellen Sturup Comeau. « Nous ne recommandons pas d’utiliser l’eau collectée dans un baril de pluie pour irriguer des fruits, des légumes et d’autres plantes comestibles sans stratégies supplémentaires de conception, de maintenance et d’application », ajoute-t-elle. Pour les massifs d’ornement, elle reste précieuse : « L’eau de pluie est vraiment bonne pour les plantes car elle contient des nitrates, dont les plantes ont besoin pour grandir et prospérer », souligne Ashly Tamayo. En pratique, vérifier l’humidité du sol au doigt, contrôler rapidement fuites et fin de ligne, pailler à 5 à 8 cm et réserver l’eau de pluie aux zones gourmandes transforment chaque arrosage de fin d’été en geste beaucoup plus économique.