Un massif qui se couvre d’abeilles au cœur de l’été, sans transformer tout le terrain en friche : beaucoup de jardiniers en rêvent. On pense souvent à la lavande ou au buddléia, jolis mais assez bas et déjà vus. Une herbe aromatique moins connue, capable de monter à hauteur d’épaule et de vibrer d’insectes toute la belle saison, change complètement le tableau.
Le défi, pour un jardin riche en vie, consiste à offrir nectar et pollen en quantité, à une hauteur agréable pour les insectes… et pour nos yeux. Des travaux publiés dans la revue Écoscience en 1998 puis dans Agriculture, Ecosystems and Environment en 2026 indiquent que plusieurs pollinisateurs, comme les syrphes, visitent davantage les plantes plus hautes. Une menthe sauvage nord-américaine coche précisément ces cases.
Menthe des montagnes du Sud : l’herbe aromatique haute qui fait le buzz
La menthe des montagnes du Sud, ou Pycnanthemum pycnanthemoides, appartient à la famille des Lamiaceae, celle des menthes et des sauges. Cette vivace native des États-Unis pousse en touffes dressées de 0,9 à 1,8 m de haut pour environ 60 cm de large. Ses petites fleurs blanc rosé, réunies en inflorescences très serrées, apparaissent au sommet de tiges fines mais solides.
La floraison s’étire de juin à août, parfois jusqu’au début septembre selon les observations d’universités américaines. Les ombelles compactes servent de véritable plateau-repas pour une faune variée : abeilles sauvages, abeilles domestiques, papillons, guêpes, syrphes et même colibris. Le site HouseDigest décrit ainsi le feuillage : « Le feuillage de la menthe des montagnes du Sud dégage un parfum frais lorsque vous le frôlez ou l’écrasez entre vos doigts ». Feuilles et fleurs se prêtent d’ailleurs aux tisanes maison.
Conditions de culture et emplacement de la menthe des montagnes du Sud
Pour qu’elle donne le meilleur d’elle-même, cette herbe aime le plein soleil et un sol bien drainé. Elle accepte la mi-ombre, mais avec moins de fleurs. Sa taille en fait une excellente plante de fond de massif, derrière des vivaces plus basses, ou le long d’une clôture. Les études citées dans Écoscience et Agriculture, Ecosystems and Environment suggèrent que cette hauteur accrue la rend très visible des butineurs.
Côté rusticité, Pycnanthemum pycnanthemoides pousse dans les zones de rusticité USDA 4 à 8, parfois jusqu’à 9, ce qui correspond à une grande partie des régions tempérées. Une fois bien installée, cette vivace supporte de courtes périodes sèches, mais atteint sa hauteur maximale quand le sol reste légèrement humide et riche. Elle s’étend par rhizomes sans pour autant envahir comme une menthe classique, surtout si l’on limite la montée en graines ou si l’on réserve un coin de plate-bande bien délimité.
Une plante mellifère complète pour insectes, oiseaux et papillons
Sur le plan écologique, cette menthe ne se contente pas d’attirer les butineurs. Les botanistes la citent comme plante-hôte de la chenille du papillon nocturne Synchlora aerata, appelé wavy-lined emerald moth. Accepter quelques feuilles grignotées donne donc à ce lépidoptère un refuge. En laissant les tiges fanées en place l’automne venu, on offre aussi leurs petites graines sèches à de nombreux oiseaux granivores.
En jardinerie ou en ligne, mieux vaut vérifier l’étiquette, car le genre Pycnanthemum comprend plusieurs menthes des montagnes nord-américaines, souvent vendues simplement sous le nom de mountain mint. Beaucoup restent plus basses, autour de 60 à 90 cm. Pour profiter de l’effet « colonne » jusqu’à 1,8 m, il faut bien chercher Pycnanthemum pycnanthemoides. Une fois la bonne plante trouvée, l’entretien reste réduit au strict minimum :
- planter en plein soleil dans un sol drainant mais pas desséché ;
- arroser régulièrement la première année, puis seulement en cas de sécheresse prolongée ;
- tailler les tiges sèches en fin d’hiver pour stimuler de nouvelles pousses.