Le jardin en évolution de Candice dans le New Jersey
Quand trois grands arbres voisins disparaissent en quelques jours, un jardin entier change de visage. À Newton, petite ville du New Jersey située en zone 6a, le jardin en constante mutation de Candice Morgan a soudain reçu un soleil direct qu’il n’avait jamais connu, bouleversant des massifs patiemment installés depuis plusieurs années.
Pourtant, ce terrain n’avait rien d’un décor luxuriant au départ. Quand elle a emménagé, l’arrière de la maison n’offrait qu’une pelouse nue après l’abattage d’un grand érable à cinq troncs. Candice a alors observé la course du soleil pendant un an complet avant de planter, sans imaginer que tout serait un jour bouleversé.
Quand la lumière bascule, le jardin de Candice change
Comme elle l’a confié au magazine Fine Gardening, le vrai choc est venu à l’automne dernier. « Mon voisin d’à côté a enlevé trois arbres en mauvaise santé, dont un qui aurait pu tomber sur ma maison, si bien que la quantité de lumière dans le jardin a changé de façon spectaculaire », raconte Candice Morgan. Certaines plantes ont brûlé, d’autres se sont mises à exploser de vigueur.
Plutôt que de tout arracher, Candice a choisi d’observer. « Avec les jardins, il y a une chose : il faut être capable de s’adapter à ce que la nature apporte », résume-t-elle. Elle a noté les vivaces qui tenaient en plein soleil, celles qui déclinaient, puis a commencé à déplacer et à densifier pour que son jardin en évolution retrouve un équilibre.
De la page blanche de 2018 au jardin foisonnant
« J’ai commencé ces jardins en mai 2018, quand la propriété était quasiment une feuille blanche après le retrait d’un grand érable à cinq troncs à l’arrière », se souvient Candice. « J’ai suivi le soleil pendant un an pour voir ce qui irait où. » Cette méthode lui a permis d’installer des massifs solides, adaptés aux hivers froids et aux étés parfois brûlants de Newton en zone 6a.
Dans ces massifs, elle mise sur des vivaces qui remplissent bien l’espace. Une bordure colorée mêle échinacées pourpres (Echinacea purpurea), roses, chardons boule (Echinops ritro), phlox paniculés (Phlox paniculata) et digitales (Digitalis purpurea). Les globes piquants de l’echinops et le feuillage fin du faux cyprès ‘Mops’ créent un jeu de textures qu’elle reprend autour de l’abri de jardin pour garder une ligne directrice.
Plantes vedettes et bordures malignes au jardin de Candice
Autre signature du jardin de Candice Morgan : la verticalité. De grands tournesols spontanés (Helianthus annuus), qu’elle attribue aux chardonnerets, dominent certains angles aux côtés de haricots à rames ‘Kwintus’ qui grimpent sur une arche et entraînent le regard plus loin. Plus au fond, un hibiscus rustique blanc hérité de sa famille atteint près de 2,4 m, ses fleurs géantes se détachant sur le feuillage sombre d’un cotinus pourpre, avec en contrepoint des kniphofias orangés et un pêcher ornemental nain au feuillage bordeaux.
Pour relier les scènes, Candice répète un trio de couleurs rouge, blanc et rose : monardes, marguerites Shasta, hémérocalles rouges, crocosmias et échinacées reprennent ces tons dans des formes variées, ce qui unifie le regard. Les structures restent simples mais efficaces, avec des bordures en blocs de béton, d’autres en branches, et un chemin de rondins de tronc. « Cette année, j’ai partagé mon jardin avec le club de jardinage du comté de Sussex le 16 juillet », raconte-t-elle. « C’est encore un travail en cours. Beaucoup de travail et beaucoup de plaisir », ajoute-t-elle. Une visite aussi mentionnée dans le programme du Sussex County Garden Club, qui ancre ce jardin très personnel dans la vie locale.