Planter un arbre dans son jardin, c’est souvent imaginer de l’ombre l’été, des oiseaux qui chantent et un décor qui se patine avec le temps. Mais derrière certaines silhouettes très décoratives se cachent de vrais problèmes. Quelques espèces, parfois encore vendues en jardinerie, se montrent envahissantes, fragiles ou nuisibles pour la maison comme pour la biodiversité locale. Et une fois en place, il devient difficile de revenir en arrière.
En Europe, la question des espèces dites exotiques envahissantes est désormais prise très au sérieux, au point que certaines plantations sont encadrées par des textes européens. Un arbre mal choisi peut coloniser tout un quartier, étouffer les plantes voisines, fissurer un muret ou dégager une odeur tenace à la belle saison. Parmi eux, sept arbres reviennent régulièrement dans les listes d’espèces à éviter au jardin familial.
Pourquoi certains arbres deviennent un vrai casse-tête au jardin
Dans la catégorie des arbres à ne pas planter au jardin, plusieurs profils se détachent. Il y a d’abord les espèces franchement invasives, comme la poire de Bradford, le cerisier tardif d’Amérique ou l’arbre du ciel. Leur stratégie est simple : une foule de graines ou de drageons, une croissance rapide et une capacité à recouvrir les haies, les friches ou les boisements voisins en peu de temps.
D’autres arbres posent souci par leurs racines puissantes ou leur bois fragile. Les racines de l’arbre du ciel ou de l’érable sycomore peuvent soulever un dallage, s’infiltrer sous un mur léger ou concurrencer fortement les massifs alentours. S’ajoutent des nuisances de confort : une odeur jugée désagréable pour le poirier de Bradford ou le ginkgo femelle, branches du poirier de Bradford qui cassent facilement en cas de coup de vent, épicéa commun vulnérable aux champignons et aux ravageurs, feuillage du laurier-cerise peu utile aux insectes.
Les 7 arbres à ne pas planter au jardin : ce qu’il faut savoir
Le poirier de Bradford (Pyrus calleryana ‘Bradford’) séduit par sa floraison blanche au printemps, mais il est décrit comme invasif et capable de recouvrir les plantes locales. Ses branches se brisent facilement sous le vent et ses fleurs dégagent une odeur souvent jugée désagréable. L’arbre du ciel ou ailante glanduleux (Ailanthus altissima) figure, lui, sur la liste européenne des espèces exotiques envahissantes : il se ressème partout, attire certains ravageurs et son système racinaire peut endommager trottoirs et fondations. Le cerisier tardif d’Amérique (Prunus serotina) produit des grappes de fleurs et des fruits appréciés, mais il forme rapidement des peuplements denses qui étouffent les essences indigènes et ses rejets sont difficiles à contrôler. Quant au laurier-cerise (Prunus laurocerasus), très utilisé en haie, il s’étend vite et offre peu de nourriture aux oiseaux et aux insectes du jardin.
L’épicéa commun (Picea abies), arbre de montagne emblématique, est signalé comme sensible aux attaques de champignons et de parasites, ce qui peut poser problème dans un jardin où l’on recherche des essences robustes. L’érable sycomore (Acer pseudoplatanus), parfois confondu avec un platane, pousse très vite et développe un système racinaire vigoureux qui peut soulever les structures légères et concurrencer les cultures voisines. Enfin, le ginkgo biloba femelle porte des fruits dont l’odeur est réputée très forte quand ils tombent au sol, rendant l’arbre peu agréable près d’une terrasse ou d’un passage fréquenté.
Que faire si ces arbres sont déjà là, et quelles alternatives planter
Pour l’ailante, la réglementation le classe comme espèce exotique envahissante, avec des restrictions de plantation, de vente et d’importation. Quand l’un de ces arbres est déjà chez vous, surveiller semis et rejets et limiter sa propagation devient la priorité.
Pour remplacer ces espèces, les spécialistes citent des arbres plus stables et utiles à la faune, comme le chêne vert (Quercus ilex) ou des fruitiers tels que le pommier domestique, adaptés aux jardins familiaux.