En septembre, ce geste prépare déjà un printemps plus beau et plus facile
Septembre arrive, les massifs ont un air fatigué, les fleurs d’été tirent leur révérence. Pourtant, c’est justement le moment où se joue la beauté du jardin du printemps prochain. En quelques minutes seulement, un geste discret va décider des couleurs qui illumineront les allées dans quelques mois.
La météo se calme, les grosses chaleurs retombent, la terre garde encore la chaleur accumulée pendant l’été. « Le mois de septembre est un mois idéal pour les nouvelles plantations : le sol est encore chaud, l’évaporation diminue et le climat humide offre de bonnes conditions. De cette façon, les nouvelles plantes peuvent plus facilement développer leurs racines », explique Dr Lutz Popp, expert en horticulture du Bayerischer Landesverband für Gartenbau und Landespflege (BLGL). Reste à savoir en quoi ce contexte est une chance pour le jardinier.
Pourquoi septembre est idéal pour planter les bulbes de printemps
Ce fameux geste, c’est tout simplement de planter des bulbes de printemps en septembre. Les bulbes profitent alors d’un sol encore tiède pour s’enraciner avant l’hiver, puis du froid pour déclencher leur floraison. Les spécialistes de Floralens rappellent que beaucoup de bulbes à floraison printanière ont besoin d’une période de froid entre 4 et 9 °C pendant environ 8 à 13 semaines : ce phénomène, la vernalisation, conditionne une floraison généreuse.
Crocus, perce-neige, narcisses, tulipes, jacinthes, alliums… en les installant maintenant, on prépare une succession de floraisons, de la fin de l’hiver au cœur du printemps. « Avec un choix judicieux, il est possible d’échelonner les périodes de floraison et de fructification de sorte que les insectes et les oiseaux en profitent longtemps », souligne Dr Lutz Popp. Le jardin gagne en couleurs, mais aussi en vie, sans travail supplémentaire au printemps.
Comment planter des bulbes à floraison printanière en septembre
L’idéal pour ces bulbes à floraison printanière : un sol bien drainé, au soleil ou à la mi-ombre. On les glisse entre les vivaces déjà en place, qui masqueront plus tard le feuillage jaunissant des bulbes. Pour un effet naturel et spectaculaire, mieux vaut les planter en touffes ou en petits groupes plutôt qu’en lignes bien rangées. Tant que le sol n’est pas gelé et reste au-dessus de 5 °C, la période reste favorable, même si septembre offre le meilleur démarrage.
Côté profondeur, la règle « anti-ratage » reste simple : une profondeur de plantation de 2 à 3 fois la hauteur du bulbe. Les jardiniers de Mon Jardin Ma Maison donnent quelques repères concrets : crocus vers 5 à 8 cm, narcisses autour de 10 à 15 cm, alliums entre 15 et 20 cm. On rebouche ensuite délicatement, sans tasser exagérément, pour laisser l’eau pénétrer facilement.
Arrosage, paillage et retard : les derniers gestes pour un printemps sans effort
Une fois les bulbes en terre, un arrosage d’installation s’impose si l’automne reste sec. Les conseils de Dr Lutz Popp valent pour toutes les nouvelles plantations de septembre : arroser régulièrement jusqu’aux premières gelées et protéger le sol. Une fine couche de paillage organique (feuilles mortes broyées, compost bien mûr) garde l’humidité, limite l’érosion et nourrit la vie du sol. Le spécialiste recommande aussi d’ameublir légèrement la surface et de favoriser l’apport de matière organique sur le long terme : « De cette manière, le sol reste capable d’absorber l’eau et les intervalles d’arrosage s’allongent ».
Pour celles et ceux qui prennent du retard, rien n’est perdu. Les enseignes de jardinage rappellent que l’on peut planter les bulbes de printemps de septembre à novembre, voire un peu plus tard selon les régions, tant que la terre n’est pas gelée et que la température du sol dépasse 5 °C. Le bénéfice reste le même : une fois les bulbes installés, le jardinier n’a presque plus rien à faire. Le froid hivernal fera son œuvre, et au retour des beaux jours, le jardin se réveillera tout seul, comme récompense de ces gestes de septembre.