Elle envahit votre jardin ? Des chèvres transforment ce terrain en friche en quelques jours

Le lierre grimpe sur les clôtures, étouffe les arbustes, recouvre vite le sol : beaucoup de jardiniers finissent par baisser les bras. Dans un jardin laissé à l’abandon, cette plante coriace peut transformer un coin de verdure en friche en quelques saisons. Plutôt que d’y passer ses week-ends avec un sécateur, un propriétaire a choisi une solution radicale : faire venir un troupeau de chèvres.

La scène a été racontée sur le forum de jardinage Reddit r/gardening, photos avant-après à l’appui. Derrière la palissade, le lierre anglais avait envahi chaque recoin du terrain. Le propriétaire explique qu’il a fait appel à un service de goatscaping, c’est-à-dire de location de chèvres pour débroussaillage, pour nettoyer sans pesticides. Le résultat l’a convaincu ; il a découvert ensuite que le travail ne s’arrêtait pas au départ des animaux.

Pourquoi la location de chèvres pour débroussaillage fait reculer le lierre

Dans ce cas précis, vingt chèvres ont été mises au travail, avec trois moutons et un âne derrière une clôture électrique mobile. Ces animaux broutent les feuilles de lierre, les jeunes tiges et une partie des racines superficielles. Des travaux cités par le Service forestier des Etats-Unis montrent que des parcelles de lierre broutées par des chèvres voient leur couverture diminuer fortement par rapport à des zones non traitées. Pour les terrains difficiles et les jardins transformés en jungle, ce pâturage ciblé évite débroussailleuse et produits chimiques.

La facture reste souvent maîtrisée à l’échelle d’un jardin. Dans l’exemple raconté sur Reddit, le tarif était de 200 dollars par jour avec un minimum de 400 dollars, soit environ 185 à 370 euros. Certaines entreprises nord-américaines annoncent 400 à 1 000 dollars, environ 370 à 930 euros, pour un acre. Le service inclut la surveillance du troupeau et le déplacement de la clôture, mais ne laisse pas un terrain parfaitement propre ni nivelé.

L’exemple choc : 20 chèvres pour un jardin étouffé par le lierre

Le propriétaire résume sa démarche sans détour : « J’ai engagé 20 chèvres, 3 moutons et un âne pour m’aider à éliminer le lierre qui avait envahi mon jardin ». Il parle d’un véritable avant-après et invite à « faire défiler les photos pour voir la différence ». En deux jours, le troupeau avait mangé tout ce qu’il pouvait atteindre en se dressant sur ses pattes arrière, laissant le sol nu et les troncs dégagés. Selon lui, cette solution restait beaucoup moins chère que de faire venir une équipe de paysagistes pour le même résultat brut.

Après leur passage, il restait un peu de lierre trop haut et surtout les parties sous terre. Le jardinier amateur explique : « Elles mangent une partie des racines. Elles ont probablement assez affaibli le lierre pour le tuer, mais comme je veux cultiver ici, je préfère m’assurer qu’il a disparu ». Les feuilles et une grande partie des tiges ayant disparu, il a pu arracher plus facilement les grosses racines à la main. Il a ensuite couvert la zone de cartons puis de paillage pour étouffer les dernières repousses et préparer un futur potager sans herbicide.

Empêcher la repousse du lierre après la location de chèvres

Sans suivi, le lierre peut repartir à partir des racines épargnées. Les spécialistes des plantes invasives rappellent que cette espèce supporte très bien le simple broutage. Tout l’enjeu consiste donc à épuiser ce stock souterrain.

Sur ce terrain, la stratégie a été simple : arracher à la main les grosses racines, couvrir le sol de cartons, puis ajouter une couche de paillis. Quelques passages de contrôle dans l’année suffisent ensuite pour enlever les rares rejets qui traversent encore, jusqu’à ce que le lierre s’épuise.