Roses : le geste de taille recommandé par Alan Titchmarsh pour une floraison généreuse cet été

Un massif de rosiers couvert de fleurs en plein été, c’est souvent l’image qui fait rêver. Sans un petit coup de sécateur au bon moment, les bourrasques de l’hiver fatiguent pourtant les branches et peuvent même déchausser les plants les plus hauts. La taille d’automne fait hésiter : faut-il raccourcir beaucoup, ou surtout ne rien toucher avant le printemps ? Un jardinier star britannique apporte une réponse très précise.

Dans un épisode du podcast BBC Gardeners’ World, le paysagiste Alan Titchmarsh a détaillé le geste simple qu’il conseille à tous les amateurs de rosiers. Il promet, après cette taille d’automne des rosiers légère mais ciblée, des arbustes « simplement recouverts de fleurs » l’été suivant, à condition de respecter quelques règles très concrètes.

Pourquoi une taille légère d’automne aide les rosiers

Pour Alan Titchmarsh, tout commence par un diagnostic honnête du massif. Il recommande : « Faites le point, examinez vos rosiers et vérifiez si certains ont vraiment dépassé leur date limite », en parlant des sujets trop âgés, aux tiges noueuses et fatiguées. Ces plantes encaissent mal les hivers venteux, où le « wind-rock » – le balancement répété au vent – finit par fragiliser les racines.

Les spécialistes de la Royal Horticultural Society ont rappelé que les rosiers buissons modernes, y compris de nombreux arbustifs type David Austin, sont souvent raccourcis d’environ un tiers en fin d’automne pour limiter ce balancement, la vraie taille de structure étant réservée à la fin de l’hiver, vers février ou mars. L’idée rejoint celle d’Alan Titchmarsh : donner moins de prise au vent sans provoquer une repousse trop tendre, très exposée au gel si l’on rabat trop court à l’automne.

Le geste de taille conseillé par Alan Titchmarsh sur les rosiers

Une fois le rosier jugé en bonne santé, Alan Titchmarsh se concentre sur le geste. Il rappelle que certains rosiers portent de beaux cynorrhodons décoratifs, à préserver, mais que « la majorité des rosiers n’ont pas de fruits particulièrement décoratifs, et l’idée n’est pas de les tailler sévèrement, de les rabattre très court, mais de réduire sélectivement leur hauteur pour qu’ils ne soient pas autant ballotés par le vent ». Concrètement, il propose de raccourcir les tiges les plus hautes d’environ un pied, soit près de 30 cm, en coupant juste au-dessus d’une feuille saine.

Il insiste aussi sur l’outil : un sécateur bien aiguisé, pour une coupe nette, limite le risque de dépérissement. Les parties mortes doivent être supprimées au passage. Après ce travail, « il y a un risque que l’arbuste ait l’air d’un vrai bazar », reconnaît Alan Titchmarsh, qui rassure aussitôt : « N’ayez pas peur, il repoussera ! » Selon lui, cette pré-taille donne un rosier plus compact, prêt à être taillé plus finement en fin d’hiver, et capable d’offrir ensuite des branches « simplement recouvertes de fleurs » en été.

Après la taille des rosiers : taches noires, déchets et remplacement

Ce moment de maintenance est idéal pour vérifier la santé du feuillage. Alan Titchmarsh alerte sur les taches noires, une maladie fongique fréquente du rosier. Il estime que « l’utilisation de fongicides est généralement une mauvaise idée, car elle risque d’endommager la santé de votre sol ». À la place, il conseille d’ôter immédiatement les feuilles atteintes, en précisant : « Si tout votre arbuste est couvert de feuilles avec des taches noires, elles devront toutes être enlevées ».

La gestion des déchets devient alors cruciale. « Ne les mettez pas au compost à cause des spores… c’est une maladie fongique, elle continuera et elles survivront à la chaleur du tas de compost. Mettez-les donc dans un sac poubelle noir avec les ordures ou brûlez-les », recommande-t-il. Reste la question des rosiers épuisés : « Il arrive un moment où il faut dire ‘Il est temps de partir, mon vieil ami' », confie Alan Titchmarsh. Un nouveau rosier ne doit pas être replanté exactement au même endroit ; mieux vaut le déplacer de quelques mètres pour ne pas replanter au même endroit. Dans les régions aux hivers très rigoureux, plusieurs guides français suggèrent enfin de rester sur ce simple raccourcissement automnal et de réserver les grosses tailles à la fin de l’hiver, histoire de sécuriser au maximum la floraison estivale.