Cette coulée sur le tronc de vos fruitiers en septembre est souvent un signal d’alerte

Cette coulée sur le tronc de vos fruitiers en septembre est souvent un signal d’alerte

En faisant le tour du verger en septembre, on remarque parfois sur le tronc du cerisier ou du prunier une coulée ambrée, épaisse, qui ressemble à une goutte de miel figée. Elle colle aux doigts, durcit en croûte brillante et inquiète aussitôt le jardinier. Ce n’est pas simplement de la sève qui s’échappe. Les arboriculteurs appellent ce phénomène gommose, et sa présence signale que l’arbre tente de se défendre.

Septembre correspond à la fin de la saison de croissance, juste après les grosses chaleurs et parfois plusieurs épisodes d’orage ou de grêle. C’est souvent à ce moment que l’on voit apparaître ou s’accentuer ces coulures sur les fruitiers à noyau, mais aussi sur certains agrumes. Ce signal signifie que le tronc ou les branches ont été agressés, par le climat, le sol ou des maladies. Comprendre ce qu’il raconte change tout pour la santé du verger.

Gommose sur le tronc : un symptôme que l’arbre se défend

La gommose correspond à une sécrétion de gomme, épaisse et translucide, qui sort de l’écorce et coule sur le tronc ou les branches. On la rencontre surtout sur les arbres fruitiers à noyau comme les cerisiers, pruniers, pêchers, abricotiers du genre Prunus, mais aussi sur les agrumes du genre Citrus et plus largement chez les Rosacées et Rutacées.

Cette gomme n’est pas la maladie en elle-même. C’est une réaction de défense quand l’arbre se sent agressé : plaie de taille qui cicatrise mal, branche cassée, gel, grêle, attaque de champignons ou de bactéries. Les spécialistes distinguent trois grandes familles de causes : infectieuses, chimiques liées aux engrais, et mécaniques liées aux blessures.

Repérer l’origine de la gommose sur vos arbres fruitiers

Pour remonter à l’origine de la gommose sur le tronc, il faut regarder l’arbre de près et repenser aux semaines passées. Quelques questions simples aident déjà à orienter le diagnostic :

  • plaie de taille, branche cassée ou impacts de grêle à l’endroit de la coulée ?
  • sol au pied restant humide longtemps, lourd, mal drainé après la pluie ?
  • apport récent d’engrais azotés ou de fumier très riche ?
  • autres signes : rameaux qui sèchent, chancres, fruits momifiés, taches sur feuilles ?

Quand la coulée part clairement d’une blessure récente, la cause est surtout mécanique. Si la gomme suinte d’une zone plus large, sur un tronc qui a les pieds constamment dans l’eau, l’origine infectieuse ou liée au sol se profile. Sur un jeune plant atteint au collet, un champignon comme l’armillaire peut s’installer et condamner l’arbre.

Que faire contre la gommose en septembre et comment la prévenir

Premier réflexe à corriger : ne jamais gratter la gomme ni l’arracher. Cette substance participe à la cicatrisation de la plaie, il faut la laisser sécher librement. En cas de gommose d’origine mécanique, on recoupe proprement la partie cassée, avec des outils désinfectés, puis on applique un mastic cicatrisant. Autour de la plaie, une pulvérisation de bouillie bordelaise à 2 % limite les infections, y compris sur un jeune plant atteint au collet.

Pour limiter le retour de la gommose arbre fruitier, on soigne le sol et la conduite de l’arbre. On choisit un emplacement bien drainé, on installe un drainage si la terre est lourde, on désherbe le pied et on évite les arrosages en pluie sur le tronc. Pour la fertilisation, on reste modéré sur l’azote, on préfère les engrais naturels et on taille en automne avec des outils propres. En hiver, un badigeon de chaux et deux pulvérisations cupriques avant l’ouverture des bourgeons renforcent la protection.