À Highland Park, dans l’Illinois, une maison de banlieue attire les regards dès que l’on tourne le coin de la rue. Là où les voisins alignent des rectangles de gazon impeccable, la façade de Crystal Fritz et James McGuire est devenue un fouillis organisé de fleurs hautes, de graminées, de chants d’oiseaux et de bruissements d’insectes.
En quelques années, ce terrain d’environ un quart d’acre s’est transformé en oasis pour la faune : on y aperçoit des lucioles, des abeilles, des renards, des chauves-souris et des papillons qui virevoltent entre les massifs. Le couple, installé ici fin 2020 après un long séjour en appartement à Chicago, a choisi des plantes indigènes et un jardin sans pesticides. Résultat : des voisins intrigués, et un impact que Crystal Fritz décrit comme « énorme ».
À Highland Park, une pelouse ordinaire devenue oasis pour la faune
Quand ils ont visité la maison, Crystal Fritz plaisantait déjà avec son compagnon sur la corvée à venir. « Je lui disais : quand on va acheter cette maison, on va devoir s’occuper de cette pelouse. Et ça ne m’intéressait pas vraiment, lui non plus », raconte-t-elle. James McGuire lui a alors proposé : « Et si on la transformait en jardin de plantes indigènes pour les oiseaux, les abeilles et les pollinisateurs ? »
Sur le moment, l’idée les a séduits d’emblée. « J’étais à 100 % pour », se souvient Crystal Fritz, « mais nous étions des novices complets, nous n’avions aucune idée de ce que cela voulait vraiment dire ». L’hiver 2020 leur a offert quelques mois pour lire, se documenter sur les espèces réellement indigènes du nord de l’Illinois et imaginer une petite oasis de biodiversité sans plantes invasives ni produits chimiques.
Les étapes pour transformer sa pelouse grâce au sheet mulching
Au début, rien n’a été simple. Habitués à un condo en ville, ils n’avaient même pas les bons outils de base et ont commencé à arracher le gazon à la main. Crystal Fritz a aussi épandu un mélange de graines vendu comme fleurs sauvages indigènes de la région, qui s’est révélé, en partie, non adapté à l’ouest de l’Illinois. La transformation de la cour s’est donc faite par étapes, sur environ cinq ans. De là, une leçon clé : vérifier que ce qui est annoncé indigène l’est vraiment chez soi.
Pour avancer plus vite, le couple a adopté le sheet mulching, qui permet de tuer la pelouse sans la retourner. Ils tondent très ras, posent du carton, puis recouvrent de paillis ; en 4 à 6 mois, le couvert se décompose et laisse place aux plantations.
- Tondre la zone à transformer.
- Poser du carton non imprimé, bien chevauché.
- Couvrir avec une couche généreuse de paillis ou de compost.
- Attendre 4 à 6 mois avant de planter des espèces indigènes.
Un jardin sans pesticides qui change tout un quartier
La faune n’a pas tardé à revenir. Renards, abeilles, oiseaux et chauves-souris traversent la cour, où un hibou s’est même posé un soir sur la clôture, un moment que Crystal Fritz décrit comme « magique ». « Nous avons un terrain très petit, une parcelle de banlieue normale, il n’est pas grand, mais il est tellement plein de vie », insiste-t-elle. Leur parcelle a été certifiée « Habitat pour la faune » par la National Wildlife Federation en 2023.
Au début, le voisin de 90 ans, adepte des produits chimiques et d’une pelouse tondue au cordeau, parlait de « mauvaises herbes ». « Une fois que nous avons encouragé le dialogue, il s’y est intéressé… Maintenant il adore notre jardin, il vient en parler », sourit Crystal Fritz. Elle voit aussi des jeunes familles passer, poussettes et petits vélos, s’arrêter pour poser des questions. À ceux qui veulent imiter l’idée, elle répète : « Vous pouvez commencer petit, avec quelques plantes indigènes en pot ou un coin de pelouse réservé aux pollinisateurs. »