Dans son jardin privé, cette architecte paysagiste américaine a créé 3 pièces secrètes qui manquent au vôtre

Au-delà d’Ivy Street : le jardin personnel de l’architecte paysagiste Wendy Booth

Que se passe-t-il quand une architecte paysagiste conçoit enfin un jardin pour elle seule, sans cahier des charges ni client à convaincre ? À Denver, dans le quartier de North Park Hill, le jardin personnel de Wendy Booth répond à cette question avec trois espaces distincts, pensés au fil des années comme de vraies pièces à vivre dehors. Une visite qui dit beaucoup sur la façon dont une professionnelle regarde son sol, sa lumière, son climat.

Fondatrice en 1992 de l’agence de paysage Ivy Street Design à Denver, Wendy Booth a signé avec son équipe plus de 2 000 projets avant de transmettre l’entreprise à Josh Wagner, tout en restant consultante. Dans son jardin, qu’elle a façonné depuis une dizaine d’années, elle applique les mêmes réflexes que sur un chantier, mais avec davantage de liberté. Le résultat intrigue : ce paysage intime ressemble presque à un cours de design grandeur nature.

Wendy Booth, architecte paysagiste et jardin personnel à Denver

Au fil des décennies, l’agence fondée par Wendy Booth s’est imposée comme une référence de l’architecture de paysage à Denver, avec des projets dessinés comme de véritables scénarios d’usages. Sa formation d’architecte paysagiste signifie qu’elle ne se contente pas de planter. Elle imagine les volumes, choisit les matériaux, anticipe les vues depuis la maison et coordonne les entreprises. Une approche que l’architecte normand Jeroen Dupont résume ainsi : « C’est pareil, mais pour l’extérieur », en parlant du travail d’un architecte de bâtiment.

Pour beaucoup, la différence entre paysagiste et architecte paysagiste reste floue. Jeroen Dupont rappelle que, dans son métier, « il dessine, choisit les matériaux et les végétaux, coordonne les différents intervenants, suit le chantier et veille à la cohérence de l’ensemble ». Le jardin de Wendy Booth illustre ce rôle de chef d’orchestre : sur un même terrain, elle a composé un avant de rue économe en eau, un jardin d’ombre serein et un potager foisonnant, sans perdre de vue la circulation, les vues et le confort.

Un jardin en trois pièces : eau, ombre et potager

En façade, son jardin waterwise donne sur une rue passante mais aussi sur un large terre-plein. Une pelouse de buffalograss, économe en arrosage, est ceinturée de vivaces, arbustes et arbres de plein soleil qui filtrent les regards et amènent de la couleur. Le long du porche, un massif profond s’organise autour d’un redbud visible depuis une grande fenêtre du salon, transformée en véritable cadre sur le jardin. Une petite fontaine basse ajoute un bruit d’eau discret et attire les oiseaux, tout en renforçant l’impression de refuge.

A l’arrière, le ton change. Un grand orme trône au centre de la pelouse et crée une ombre dense où prospèrent géraniums, daphnés, euonymus grimpant sur des treillis en losange et anémones tournées vers la ruelle. Une seconde fontaine, dans un pot bleu, accompagne un coin fauteuils et une terrasse couverte avec cheminée, dans une palette de verts apaisante. Le long de l’allée, des bacs en acier Corten accueillent tomates, concombres ou courgettes mêlés à des annuelles qui se ressèment, comme cosmos, zinnias ou œillets d’Inde. « C’est toujours amusant de voir ce qu’un concepteur fait dans son propre jardin, là où il peut se lâcher et prendre des risques », écrit la blogueuse américaine Pam Penick après sa visite.

Idées à retenir du jardin de Wendy Booth

Ce jardin illustre le credo de Beth Chatto, « la bonne plante au bon endroit », appliqué à un terrain de ville.

Quelques idées à copier chez soi :