En octobre, laissez ces 2 fruits au jardin : un geste simple qui aide vraiment les oiseaux

En octobre, laissez ces 2 fruits au jardin : un geste simple qui aide vraiment les oiseaux

Au jardin, le réflexe est souvent le même dès l’automne : ramasser toutes les pommes et les poires tombées au sol. Dans certains grands jardins comme celui de la Royal Horticultural Society à Wisley, en Angleterre, on fait l’inverse. On laisse volontairement une partie des fruits à terre pour les merles noirs, les grives ou encore le rougegorge familier, à un moment clé de l’année.

En octobre, les ressources naturelles commencent à baisser alors que les oiseaux du jardin ont encore besoin d’énergie pour affronter les premières nuits froides. La Royal Society for the Protection of Birds (RSPB) rappelle que nourrir les oiseaux en automne et en hiver compte autant qu’en été, car insectes et baies se raréfient. Et deux fruits très ordinaires, la pomme et la poire, peuvent déjà faire la différence.

Pourquoi octobre change tout pour les pommes, les poires et les oiseaux

Quand les jours raccourcissent, les oiseaux doivent constituer des réserves sans dépenser trop d’énergie à chercher leur nourriture. Le spécialiste CJ Wildlife résume : « À mesure que les jours raccourcissent et que les températures commencent à baisser, les oiseaux se préparent pour l’hiver. L’automne est une période cruciale pour eux afin de constituer des réserves de graisse, muer vers leur plumage d’hiver et trouver des sources de nourriture fiables avant que les ressources naturelles ne se raréfient. » Les fruits sucrés apportent justement des calories faciles à assimiler.

Les merles noirs, les grives ou les rougegorges familiers apprécient particulièrement ces fruits au sol. La RSPB précise que « les fruits, en particulier les pommes et les poires meurtries, seront appréciés des grives et des merles noirs ». Et comme ces espèces se nourrissent surtout au niveau du sol, un simple fruit tombé reste souvent beaucoup plus accessible qu’une mangeoire suspendue. Laisser quelques fruits en octobre s’inscrit aussi dans l’esprit des refuges de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) : un jardin qui offre naturellement nourriture et abris.

Les 2 fruits à laisser : lesquelles choisir et en quelle quantité

La RSPB est claire : « Vous pouvez proposer des restes comme des fruits secs, ou des fruits comme des pommes et des poires. N’utilisez rien de moisi ou de salé, et si vous avez un chien, ne mettez pas de fruits de vigne, comme les raisins secs, qui peuvent lui être toxiques ». Les fruits légèrement abîmés, que l’on aurait écartés pour la cuisine, conviennent très bien aux oiseaux. L’idéal reste des fruits de saison, si possible non traités en surface.

Inutile d’en mettre beaucoup. Un ou deux fruits coupés en deux ou en quartiers, côté chair vers le haut, suffisent largement pour un petit jardin. La RSPB rappelle aussi que « les merles noirs sont trop grands pour accéder à la plupart des mangeoires suspendues. Pour les attirer au jardin, il est préférable de déposer la nourriture sur une table ou de la disperser au sol ». Offrir peu, mais souvent, permet aux morceaux de disparaître rapidement et limite les risques de fermentation.

Où poser pommes et poires, hygiène, maladies et petits gestes en plus

Si vous déposez les poires et les pommes au sol, le plus sûr est de choisir une zone bien dégagée, loin des haies ou de tout endroit où un chat pourrait se cacher. Les spécialistes cités par la RSPB rappellent que les oiseaux ne se nourrissent pas là où ils ne peuvent pas surveiller les prédateurs. Une petite planche posée sur la pelouse, ou une table basse de nourrissage propre, fonctionne très bien. Les oiseaux trouvent ainsi facilement la nourriture sans être forcés de s’approcher trop des terriers, buissons denses ou murs couverts.

La RSPB insiste : « L’hygiène des mangeoires est très importante. Brossez les débris à chaque fois que vous mettez de la nourriture fraîche et frottez les mangeoires avec une solution désinfectante douce chaque semaine ». Le même principe vaut pour les points où vous posez vos fruits. Si vous observez des oiseaux apathiques ou gonflés, les associations recommandent d’arrêter le nourrissage, de tout nettoyer et d’attendre environ quatre semaines avant de recommencer, pour limiter la propagation de maladies comme la trichomonose. La Royal Horticultural Society rappelle d’ailleurs qu’au Royaume-Uni, les effectifs du verdier d’Europe ont chuté de plus de 65 % depuis le milieu des années 1990, en partie à cause de ces maladies liées aux regroupements. Pour compléter ce simple geste des fruits, la LPO conseille de laisser quelques plantes monter en graines et de conserver des haies à baies, afin d’offrir aux oiseaux un garde-manger naturel tout l’automne.