En octobre, ce simple geste attire cet oiseau coloré et peut le faire rester au jardin

En octobre, quand les feuilles rougissent et que le jardin se calme, un éclair bleu suffit parfois à tout retenir : un grand oiseau coloré file au-dessus de la haie, se pose deux secondes, puis disparaît. Beaucoup de jardiniers s’en souviennent longtemps. Ce visiteur au plumage partiellement bleu paraît insaisissable, presque capricieux. Pourtant, s’il traverse votre terrain à cette période, ce n’est pas un hasard.

Cet « oiseau bleu » dont parlent les magazines de jardin est observé surtout au cœur de l’automne, quand les arbres chargent leurs branches de glands et de baies. Certains le nomment geai bleu, d’autres reconnaissent en fait le geai des chênes, très courant dans nos boisements. Derrière cette confusion, une question revient : existe-t-il un geste vraiment simple pour l’attirer, puis le voir revenir jour après jour au jardin ?

Pourquoi le geai bleu vient en octobre

En Amérique du Nord, le véritable geai bleu Cyanocitta cristata est une espèce distincte, mais l’oiseau bleu vu dans nos jardins est presque toujours le geai des chênes Garrulus glandarius. Ce corvidé fréquente surtout les lisières où il cherche des glands. Les guides nature indiquent qu’un geai peut emporter jusqu’à 5 à 9 glands à la fois pour les cacher en réserve. En octobre, cette ressource abonde et l’oiseau élargit son terrain de prospection vers les jardins.

Quand un jardin offre à la fois ces fruits d’automne et quelques cachettes sûres, il devient donc très intéressant pour l’oiseau. Le geste simple commence là : au lieu de tout ratisser, on laisse au sol un petit tapis de glands, de noisettes et de feuilles sous une haie ou près d’un arbuste dense. Le geai y trouve de quoi se poser, fouiller, puis revenir, jusqu’à mémoriser l’adresse.

Le geste simple pour l’attirer au jardin

Pour vraiment attirer le geai bleu au jardin, il suffit souvent d’organiser ce coin gourmand. On peut y déposer, tous les deux ou trois jours, une poignée de noisettes concassées, quelques amandes non salées, des morceaux de pomme et des graines de tournesol. L’idéal est de les disposer au sol ou sur une planche basse, tout près d’une haie de noisetier, d’aubépine ou de cotonéaster, là où l’oiseau se sent à couvert.

Autre détail important : l’eau. Une simple coupelle peu profonde, remplie d’eau propre et placée à proximité mais hors de portée des chats, complète ce buffet d’octobre. Un jardin pas trop tondu, où subsistent feuilles mortes et haies variées de chêne, noisetier, houx ou laurier-tin, rassure encore l’oiseau. On peut enfin installer une mangeoire plateau en bois non traité d’environ 30 x 20 cm, fixée vers 1,5 m de hauteur avec un petit toit, bien stable.

Nourrir le geai sans erreur en automne

La période d’aide compte autant que le menu. La Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) conseille de nourrir surtout à partir des premières gelées, souvent entre fin octobre et mi-novembre, puis jusqu’en mars. Durant ces mois froids, mieux vaut proposer de petites quantités variées : glands, noisettes, amandes non salées, raisins, baies du jardin et mélanges de graines. Il est aussi utile de nettoyer régulièrement la mangeoire pour limiter les maladies.

Selon la LPO, le pain, même complet, ne convient pas aux oiseaux : il gonfle dans l’estomac, nourrit mal et peut provoquer des troubles. Mieux vaut s’en tenir aux graines et fruits prévus pour eux. Pour profiter du spectacle, on observe depuis une fenêtre fermée, à des heures calmes, sans flash ni gestes brusques. En échange de ce coup de pouce, le geai des chênes dissémine les graines de votre jardin et aide à enrichir peu à peu la végétation.