11 fleurs anciennes que davantage de jardiniers devraient cultiver
Massifs tirés au cordeau, variétés compactes qui promettent de fleurir sans arrêt : le jardin moderne laisse parfois peu de place aux fleurs anciennes, celles qui rappellent le jardin de nos grands-parents. Pourtant, ces vivaces, bisannuelles ou annuelles à l’ancienne offrent parfums puissants, silhouettes généreuses et une vraie vie pour les insectes. Beaucoup se ressèment toutes seules, d’autres illuminent l’hiver quand tout le reste dort.
Une maître-jardinière américaine résume bien l’enjeu : « Nous devons apprendre à planter en compagnonnage, en couches, et pour différentes saisons pour qu’aucun massif ne reste longtemps sans feuillage ni fleurs ». L’automne qui commence est justement la période idéale pour installer certaines de ces valeurs sûres, à commencer par l’hellébore, qui se plante entre septembre et octobre et fleurit en plein hiver. Reste à choisir les dix autres alliées qui lui tiendront compagnie.
Pourquoi les fleurs anciennes de jardin de grand-mère reviennent en force
Ces « fleurs de jardin de grand-mère » ont plusieurs points communs : rusticité, parfum marqué, intérêt pour les pollinisateurs et capacité à occuper le sol. « Nous demandons trop à une seule plante », constate cette même spécialiste, qui préfère multiplier les espèces complémentaires plutôt que miser sur quelques variétés très sophistiquées. Violette odorante, monnaie du pape, nigelle de Damas ou pois de senteur n’offrent pas une floraison interminable, mais elles composent ensemble un décor vivant presque toute l’année.
L’idée consiste à combiner couvre-sol, vivaces d’ombre, floraisons printanières et grandes silhouettes verticales. La violette odorante (Viola odorata) tapisse le pied des arbustes, les cœurs-de-Marie et ancolies colorent le printemps à mi-ombre, puis prennent le relais les pois de senteur, nigelles, campanules de Canterbury et roses trémières. En fond de décor, un seringat parfumé prolonge le charme des jardins de cottage anglais avec ses fleurs ivoire au printemps.
Comment planter ces fleurs anciennes pour un jardin fleuri toute l’année
Dès l’automne, l’hellébore ou rose de Noël (Helleborus) mérite la priorité. Elle se plante de septembre à octobre dans un sol frais mais bien drainé, en mi-ombre, idéalement sous un arbre caduc. Si le terrain reste détrempé ou si le paillage est trop épais, la floraison hivernale, qui s’étend de décembre à mars, en souffre nettement. Bien installée, cette vivace persistance brave le gel et parfois même la neige, offrant des fleurs quand le jardin semble vide.
Au printemps, le cœur-de-Marie (Lamprocapnos spectabilis) apporte ses fleurs en forme de petits cœurs rouges et blancs parmi les premières vivaces en fleurs. Il aime l’ombre légère et un sol qui draine bien ; son feuillage disparaît ensuite, d’où l’intérêt de l’associer à des vivaces plus tardives. La plante est légèrement toxique et sa sève peut irriter la peau, d’où l’usage recommandé de gants. L’ancolie, notamment l’Aquilegia canadensis rouge et jaune, complète ce tableau printanier et nourrit colibris ou autres butineurs selon les régions.
11 fleurs anciennes à adopter, du tapis parfumé au grand arbuste
Au ras du sol, la violette odorante propose un tapis de petites fleurs violettes ou blanches au parfum très marqué, même à l’ombre, mais peut devenir envahissante si on la laisse filer. La pensée sauvage ou Johnny-jump-up (Viola tricolor) offre, elle, de petites faces bicolores ou tricolores qui peuvent fleurir de l’automne jusqu’à Pâques, en sol riche et au soleil, en se ressemant spontanément. La monnaie du pape (Lunaria annua), bisannuelle, séduit par ses grandes pièces argentées une fois les gousses sèches, très prisées en bouquets secs, tout en pouvant se montrer un peu trop à l’aise selon les régions. La nigelle de Damas (Nigella damascena) forme un voile de feuillage fin où flottent des fleurs bleues ou blanches, vite relayées par des capsules gonflées rayées de pourpre qui prolongent l’intérêt visuel longtemps après la floraison. Les campanules de Canterbury (Campanula medium), elles aussi bisannuelles, dressent leurs clochettes bleues, roses ou blanches en début d’été si l’on prend soin de laisser quelques tiges monter en graines pour assurer la relève.
Côté silhouettes marquantes, le pois de senteur (Lathyrus odoratus) grimpe sur treillis ou tipi de tuteurs, couvert de fleurs très parfumées de mai à juillet tant que la chaleur reste modérée ; ses graines, en revanche, ne se consomment pas. La rose trémière (Alcea) plante ses épis jusqu’à environ 2,5 mètres de haut au fond des massifs, adore le plein soleil et attire abeilles et papillons, mais doit affronter la rouille, une maladie fongique fréquente, d’où l’intérêt de variétés plus tolérantes comme ‘Antwerp Mix’ ou ‘Happy Lights’ et d’un bon courant d’air. Le seringat (Philadelphus coronarius) clôt la liste : cet arbuste peut atteindre environ 4,5 mètres de haut pour 3 mètres de large, et offre quelques semaines seulement de fleurs blanches au parfum d’orange, à planter près d’un passage ou d’une fenêtre pour profiter pleinement de cette signature des jardins de grand-mère.