Que planter en octobre ? Les 7 gestes de jardinage à faire ce mois-ci selon les experts
Octobre donne l’impression que le jardin s’endort, mais les jardiniers se posent tous la même question : que planter en octobre pour ne pas laisser filer la saison. Le sol reste encore tiède, les pluies reviennent, les racines travaillent en profondeur alors que la partie aérienne ralentit. Ce moment de transition permet d’installer de nouvelles cultures, de restructurer les massifs et de préparer déjà les floraisons du printemps.
Les conseils de Colin Gray, de Rebecca Ellis ou d’Andrew Mills convergent : l’automne n’est pas qu’une saison de rangement, c’est un créneau de plantations stratégiques. Bulbes de printemps, potager d’hiver, graminées, arbustes persistants, mais aussi protection du sol et des plantes contre les premières gelées composent ce programme discret mais dense.
Que planter en octobre : bulbes, potager et engrais vert
Pour les bulbes, octobre est une fenêtre idéale. Colin Gray rappelle : « Après une saison sèche, un paillage de compost restaurera l’équilibre en profondeur et créera le décor idéal pour planter des bulbes comme les jonquilles, les alliums et les muscaris, mais il vaut mieux attendre novembre pour planter les tulipes ». Ce paillage nourrit le sol et prépare déjà les floraisons du début de printemps.
Au potager, le mois reste intense. Andrew Mills, jardinier en chef à Blenheim Palace, travaille et fume les parcelles vides, puis rentre les plantes sensibles dès qu’un gel est annoncé. Côté plantations, les guides conseillent de mettre l’ail en terre à environ 5 cm de profondeur, espacé de 15 cm, et de compléter avec mâche, épinards, laitues d’hiver et un engrais vert qui couvre le sol.
Les 7 gestes de jardinage d’octobre selon les experts
Voici les sept gestes clés :
- planter les bulbes de printemps, laisser les tulipes pour novembre ;
- installer le potager d’hiver : ail, salades, épinards, fraisiers ;
- installer graminées ornementales et arbustes persistants ;
- diviser et déplacer les vivaces serrées ;
- pailler massifs et rangs avec compost ou feuilles ;
- refaire les jardinières avec pensées, bruyères, cyclamens, bulbes ;
- anticiper les premières gelées en rentrant ou couvrant les plantes sensibles.
Pour structurer le jardin d’hiver, Colin Gray recommande de profiter des asters, dahlias, anémones et sédums qui fleurissent encore, tout en installant des graminées comme Stipa et Festuca. Il met aussi en avant les arbustes persistants Pittosporum, Mahonia ou Euonymus, ainsi que les érables du Japon, que l’on plante de préférence entre octobre et mars pour profiter chaque année de leur feuillage et de leur écorce décoratifs.
Protéger le jardin d’octobre : gelées, dahlias, rosiers et graines
Le retour du froid impose une vraie vigilance : suivre la météo, rentrer les pots sous abri ou envelopper les sujets lourds avec un voile d’hivernage. Quand les dahlias ont fini de fleurir, leurs tubercules se déterrent puis se stockent dans un local frais et hors gel. « Nous allons rabattre nos rosiers de 50 % en hauteur pour limiter les effets du vent », précise Andrew Mills.
Pour autant, il ne s’agit pas de tout raser. Rebecca Ellis rappelle qu’en octobre elle remet surtout les vivaces en ordre pour garder les allées dégagées, tout en laissant des tiges en place comme refuges pour les insectes. Elle en profite aussi pour récolter les graines d’échinacées, de linaires, de zinnias ou de carottes sauvages, convaincue que les graines fraîches germent mieux que celles des sachets du commerce et offrent le plaisir de créer de nouvelles plantes gratuitement. Une fois sèches, elles se conservent dans des sachets en papier, au frais et au sec.