En octobre, le jardin se couvre de feuilles dorées… et, parfois, se vide de ses écureuils. Là où ces petits acrobates bondissaient de branche en branche, le silence s’installe. Beaucoup de jardins sont devenus trop « propres », trop minéraux, ou remplis de produits qui les dérangent. Dans ce décor lissé, l’écureuil roux disparaît peu à peu des scènes de vie quotidiennes.
L’automne reste pourtant le moment clé où il cherche sa nourriture, cache ses réserves et repère ses futurs refuges pour l’hiver. En trois gestes très simples, il est possible de attirer les écureuils au jardin en automne tout en les protégeant, sans les apprivoiser ni perturber leurs habitudes sauvages. Et c’est souvent plus facile qu’on ne l’imagine.
Geste n°1 : un garde-manger d’automne bien placé et sans excès
Les écureuils raffolent de tout ce que produit naturellement un jardin : noisettes, noix, glands, graines de tournesol, mais aussi quelques pommes oubliées au sol. Planter ou préserver des chênes et noisetiers crée, année après année, un buffet idéal. Pour l’aide ponctuelle, mieux vaut proposer des fruits à coque non salés, en petites quantités, seulement certains jours, afin de ne pas créer de dépendance ni de modifier leur comportement.
Le secret tient aussi au lieu où l’on pose cette nourriture. Des coupelles ou petits paniers glissés sous un arbuste, à l’abri du vent, loin des allées et de la maison, rassurent l’écureuil qui se sait moins observé. On évite les zones fréquentées par les chats et les corneilles, qui peuvent le mettre en danger. Et on bannit pain, biscuits ou restes de table, mauvais pour sa santé, tout comme les engrais chimiques qui appauvrissent le sol et donc ses ressources naturelles.
- Privilégier fruits à coque locaux et non salés.
- Installer les coupelles sous couvert végétal, en retrait des passages.
- Oublier pain, produits transformés et nettoyage excessif du gazon.
Geste n°2 : des refuges simples avec un coin feuilles et un coin bois
Un tas de feuilles mortes installé au pied d’une haie dense ou d’un arbuste change tout. L’écureuil y trouve à la fois des cachettes pour ses réserves et des matériaux pour garnir son nid. On peut laisser se former un petit monticule de feuilles et de brindilles, loin du passage, sans le remuer jusqu’au printemps. Des bûches empilées, quelques gros pots en terre cuite couchés sous une haie, des massifs touffus complètent ce réseau de refuges.
Un jardinage plus doux aide aussi beaucoup. Laisser des bordures un peu sauvages, retarder la tonte, espacer les tailles de haies offre des couloirs de circulation protégés. Les outils bruyants utilisés en continu stressent la faune ; mieux vaut regrouper les travaux sur de courtes périodes. Pour ceux qui le souhaitent, un nichoir spécial écureuil, installé à 3 ou 4 mètres de hauteur sur un arbre calme, orienté à l’abri du vent, fournit un abri supplémentaire pour l’hiver.
Geste n°3 : limiter les dangers invisibles et les faux cadeaux
Beaucoup de pièges sont involontaires. Des filets trop serrés sur le potager peuvent coincer une patte, une barrière métallique mal fixée se transforme en obstacle dangereux. Les pesticides et produits anti-limaces empoisonnent l’ensemble de la chaîne alimentaire. À la place, on peut protéger les cultures avec des filets à mailles plus larges et bien tendus, des bordures plantées ou des coquilles d’œufs broyées contre les limaces. Garder un tas de bois sec, laisser la mousse sur les pierres, c’est offrir des recoins sûrs plutôt que des pièges.
Autre point sensible : l’alimentation humaine. Restes de pique-nique, pain sec, biscuits ou chips jetés sur la pelouse perturbent la digestion de l’écureuil et attirent rats et corneilles. Mieux vaut rester sur des fruits à coque naturels, distribués en petites portions et répartis dans plusieurs cachettes. En parlant de ces gestes simples avec ses voisins ou le syndic, chacun peut adapter clôtures, produits et habitudes, pour transformer tout un quartier en refuge discret où l’écureuil roux ose de nouveau traverser les jardins.