Frelon asiatique : ces 7 plantes du jardin l’attirent sans que vous le sachiez

Vous avez l’impression de croiser de plus en plus de frelons asiatiques dans votre jardin, sans bien comprendre pourquoi. Derrière cette présence qui inquiète les familles et les apiculteurs se cache souvent un détail discret : certaines plantes très courantes fonctionnent comme de véritables aimants à sucré pour Vespa velutina nigrithorax, le frelon asiatique à pattes jaunes.

Introduit accidentellement en France en 2004, cet insecte invasif est désormais présent dans tous les départements, au point qu’un plan national de lutte a été lancé par le ministère de la Transition écologique. Un nid peut atteindre plusieurs milliers d’individus, avec un pic en automne. Et si certaines de vos plantes qui attirent le frelon asiatique se trouvaient déjà juste sous vos fenêtres, sans que vous le sachiez vraiment ?

Pourquoi certaines plantes du jardin attirent le frelon asiatique

Le frelon asiatique ne se dirige pas au hasard vers un massif ou un verger. Il recherche d’abord le sucre et les protéines : nectar abondant, sève qui perle, fruits mûrs ou fermentés, mais aussi insectes à capturer. Plus une plante concentre d’abeilles, de bourdons ou de papillons, plus elle devient une zone de chasse idéale. Ce comportement pèse lourd sur les colonies d’abeilles domestiques et sur la pollinisation du jardin.

La saison de Vespa velutina s’étire du printemps à l’automne, avec des colonies qui atteignent autour de 2 000 adultes en octobre, parfois davantage. Le lierre en fleurs, qui s’ouvre entre septembre et octobre, se transforme alors en « bar à sucres » pour toute une faune d’insectes, aussitôt repérée par les frelons. La présence de points d’eau, bassins ou récupérateurs, renforce encore l’attrait du lieu. Reste à identifier les sept plantes qui changent vraiment la donne autour de la maison.

Les 7 plantes du jardin qui l’attirent sans que vous le sachiez

Le lierre commun, Hedera helix, figure en tête de liste : en automne, ses inflorescences riches en nectar attirent abeilles et mouches, dont se nourrissent les frelons. Dans les zones de passage, il est conseillé de le contenir et de le tailler avant la floraison. Même logique pour le buddleia ou arbre aux papillons, dont les panicules violettes concentrent papillons et abeilles, offrant un garde-manger idéal aux frelons. Installer cet arbuste au fond du jardin, voire le remplacer par des espèces locales moins nectarifères en fin de saison, limite les risques. Les tournesols et certaines vivaces très mellifères, comme les asters, créent eux aussi de véritables « zones à proies » à placer loin des terrasses et des aires de jeux.

Les arbres fruitiers très sucrés jouent un autre rôle clé. Le figuier (Ficus carica), la vigne (Vitis vinifera), le plaqueminier à kakis (Diospyros kaki), mais aussi le poirier (Pyrus communis) et le prunier (Prunus domestica) deviennent très attractifs lorsque les fruits éclatent, tombent au sol ou fermentent. Les frelons viennent y consommer la pulpe ou y chasser d’autres insectes. Une récolte au bon moment, le ramassage quotidien des fruits tombés et un verger entretenu réduisent fortement l’attrait. Placer treilles productives, vieux figuiers et plaqueminier à distance de la terrasse ou du portique des enfants limite les rencontres rapprochées.

Comment garder ces plantes sans transformer le jardin en repaire de frelons

Tout se joue aussi dans le temps. Au printemps, les reines fondatrices démarrent leur nid, pendant que certaines essences, comme le saule, offrent leurs premières ressources. Un contrôle visuel des haies, abris de jardin et dessous de toitures permet parfois de détecter un nid encore petit, à faire traiter par un professionnel. En été, période de forte activité, la vigilance porte sur les fruits d’ores et déjà mûrs, les canettes sucrées oubliées près de la table et les points d’eau non couverts. À la fin de l’été et en automne, la taille du lierre avant floraison et la surveillance des massifs très mellifères font vraiment la différence.

Le plan national de lutte contre le frelon à pattes jaunes insiste sur le signalement des nids et le recours à des intervenants formés, surtout lorsque le nid est en hauteur ou proche des habitations. Dans un jardin privé, la marge de manœuvre se situe surtout dans le choix des plantes qui attirent le frelon asiatique, leur emplacement et leur entretien quotidien. Un verger net, un lierre maîtrisé et des massifs mellifères éloignés de la table de jardin protègent à la fois les pollinisateurs, les enfants qui jouent dehors et la tranquillité des soirées d’été, tout en laissant une place à la biodiversité locale.