En fin d’été, les coléus transforment les coins d’ombre en tableaux colorés. Feuilles vert lime, bordeaux, presque noires parfois… puis survient une seule nuit froide, la première gelée, et ces plantes gorgées d’eau s’affaissent, brunissent et disparaissent. Beaucoup de jardiniers pensent alors qu’ils devront tout racheter l’année suivante.
Juste avant cette première gelée, il existe pourtant un geste très simple qui permet de conserver ses variétés préférées jusqu’au printemps suivant : prélever quelques tiges et les faire raciner à l’intérieur, dans un verre d’eau ou un petit pot. Le bon moment et les bons gestes font toute la différence.
Avant les premières gelées, pourquoi la bouture de coléus est la bonne idée
Le coléus (Plectranthus scutellarioides) est cultivé comme annuelle chez nous, car il ne supporte pas le froid. Quand les températures nocturnes approchent 0 °C et qu’une gelée blanche est annoncée, la plante entière peut être perdue en une nuit. En prélevant une bouture de coléus avant les premières gelées, on ne sauve pas la plante en place, mais son patrimoine : couleurs, motifs, vigueur.
Cette plante appartient à la famille de la menthe, ce qui explique sa facilité de bouturage. Le magazine Country Living résume la méthode ainsi : « Tout ce que vous avez à faire, c’est prélever une tige de 10 à 15 cm sur le coléus, enlever les feuilles sur la partie basse, puis placer la tige dans l’eau jusqu’au niveau des feuilles retirées », en précisant que des racines se forment en deux à trois semaines.
Comment réussir une bouture de coléus dans l’eau ou en substrat
Pour la méthode la plus simple, remplissez un petit verre d’eau à température ambiante. Désinfectez une paire de ciseaux avec de l’alcool, puis coupez une tige saine de 10 à 15 cm juste sous un nœud. Ôtez les feuilles sur la moitié inférieure de la tige et placez cette partie nue dans l’eau, sans qu’aucun feuillage ne trempe. Installez le verre à la lumière, mais sans soleil direct. En deux à trois semaines, les racines atteignent environ 2,5 cm : la bouture peut alors être rempotée en petit pot et gardée en plante d’intérieur tout l’hiver.
Pour produire beaucoup de plants, des jardins botaniques recommandent l’enracinement en substrat sans terre. Les tiges, éventuellement trempées dans une hormone d’enracinement, sont piquées dans un mélange léger et humide, plusieurs boutures pouvant partager un pot de 15 cm. Le tout est glissé dans un sac plastique transparent pour créer une mini-serre, placé au chaud et à la lumière douce : les racines apparaissent souvent en 7 à 10 jours. Pour limiter les échecs, trois réflexes font la différence :
- toujours couper avec des outils nettoyés et désinfectés à l’alcool,
- éviter toute feuille immergée, source de pourriture et de mauvaise odeur,
- inspecter soigneusement les tiges avant de les rentrer, afin de ne pas introduire pucerons ou aleurodes dans la maison.
Garder vos boutures de coléus l’hiver et les remettre dehors au printemps
Une fois en pot, les jeunes coléus se comportent comme de vraies plantes d’intérieur. Ils apprécient une pièce claire, à 18-22 °C, loin des radiateurs et des courants d’air froids. Le substrat doit rester légèrement humide, sans excès d’eau dans la soucoupe. En pinçant régulièrement l’extrémité des tiges entre le pouce et l’index, on obtient des plantes compactes, très feuillues, prêtes à étoffer massifs et jardinières au retour des beaux jours.
Au printemps, il faut patienter jusqu’à la fin des risques de gel, lorsque la température du sol dépasse environ 15 à 16 °C, seuil équivalent aux 60 °F cités par les sources américaines. Sur une grande partie de la France, cela correspond souvent à la mi-mai. Les pots sont alors sortis progressivement, d’abord à l’ombre puis à la lumière, avant de replanter les coléus en pleine terre ou en balconnières pour une nouvelle saison haute en couleurs.