Vous en avez assez de tondre sans arrêt un gazon qui jaunit au premier coup de chaud et se couvre de mauvaises herbes dès que vous le négligez quelques semaines. Entre les restrictions d’arrosage et le coût de l’eau, la pelouse « parfaite » ressemble de plus en plus à une corvée. Beaucoup de jardiniers comptent jusqu’à 25 ou 30 tontes par an pour garder un tapis bien ras.
Depuis octobre 2025, cette lassitude s’est transformée en véritable tendance jardin : le site allemand Chip a relayé les recommandations de la Gartenakademie Rheinland-Pfalz, qui encourage à remplacer le gazon traditionnel par un autre type de tapis végétal, plus décoratif et bien moins demandeur en entretien. Une piste qui intéresse fortement les jardins soumis aux canicules à répétition.
Pourquoi le gazon classique n’est plus si évident au jardin
Un gazon d’ornement doit rester vert, dense et court pour être jugé « réussi ». Cela implique des tontes fréquentes, des apports d’engrais et des arrosages réguliers, surtout sur sol léger. En période sèche, la pelouse se met en dormance, jaunit, puis laisse la place aux trèfles et pissenlits dès que la pluie revient. Le résultat : beaucoup d’efforts pour un rendu parfois décevant.
Ce tapis mono-espèce apporte aussi peu à la vie du jardin. Les fleurs y sont rares, donc les pollinisateurs comme les abeilles et les papillons y trouvent peu de ressources. Face à ces limites, de nombreux professionnels orientent désormais les particuliers vers des végétations basses et étalées, capables de couvrir le sol tout en demandant bien moins de soins.
Plantes couvre-sol : l’alternative au gazon recommandée par les pros
Les experts de la Gartenakademie Rheinland-Pfalz mettent en avant les plantes couvre-sol pour remplacer le gazon. Ces « Bodendecker » forment un tapis serré qui ombre le sol, limite l’évaporation, bloque la plupart des mauvaises herbes et offre des fleurs très attractives pour les pollinisateurs. Contrairement à un gazon, elles ne se tondent quasiment pas, se contentent souvent d’un arrosage d’appoint la première année, puis deviennent assez autonomes.
Pour le plein soleil et les sols plutôt secs, le duo star reste le thym serpolet (Thymus serpyllum) et le thym précoce (Thymus praecox) : ils forment de petits coussins de 15 cm de haut pour 50 à 60 cm d’étalement, selon la Société nationale d’horticulture de France. Leurs floraisons de juin à juillet nourrissent abeilles et papillons. Le Phlox subulata crée lui aussi un tapis dense et fleuri au printemps. Le Stachys byzantina, avec ses feuilles argentées, couvre rapidement 50 à 60 cm de large et supporte bien la sécheresse. En bordures et sur murets, l’Aubrieta se referme vite et étouffe les herbes indésirables, tandis que Waldsteinia ternata couvre efficacement les zones mi-ombragées en restant bien verte.
- Plein soleil et sol sec : thym serpolet, thym précoce, phlox subulé, oreille d’ours.
- Bordures et pierres : aubriète, thym entre dalles, phlox.
- Mi-ombre ou pied d’arbres : Waldsteinia ternata, éventuellement mélangée à d’autres couvre-sol tolérant l’ombre.
Comment réussir ces couvre-sol pour un jardin vraiment moins exigeant
Avant de planter cette alternative au gazon, il faut préparer soigneusement le terrain. Les professionnels recommandent de désherber totalement la surface, de décompacter le sol puis de l’adapter : sable et gravier pour les espèces aimant le sec comme le thym ou le phlox, un peu de compost pour Waldsteinia en zone plus fraîche. Fin d’été ou début d’automne reste la meilleure période, les jeunes plants ayant tout l’hiver pour bien s’enraciner.
En godets, on installe ces couvre-sol tous les 20 à 25 cm ; en général, la surface se ferme en 12 à 18 mois, parfois 2 à 3 ans pour un tapis de thym vraiment serré. La première année, des arrosages réguliers restent indispensables en cas de sécheresse prolongée. Ces tapis ne sont pas faits pour les jeux de ballon, mais supportent un passage occasionnel, surtout si l’on matérialise un chemin avec des pas japonais ou des dalles. L’entretien se limite ensuite à recouper légèrement après floraison, surveiller les bordures et arroser seulement lors des longues périodes sans pluie : de quoi garder un jardin net sans sacrifier tous ses week-ends.