Un arbre qui donne des fruits au goût de mangue et de banane tout en supportant les hivers rigoureux : l’idée a de quoi surprendre plus d’un jardinier. C’est pourtant la promesse de l’asiminier, encore discret dans nos jardins mais déjà surnommé le manguier du froid.
Sur l’antenne de France Bleu Drôme Ardèche, le jardinier-conseil Jean-Yves Meignen met en avant ce fruitier venu d’Amérique du Nord, qu’il recommande de planter dès l’automne dans les jardins de la région. Un arbre rustique, productif à terme, et surtout très simple à vivre : de quoi éveiller la curiosité de tous ceux qui rêvent de fruits au goût exotique sans serre chauffée.
Pourquoi l’asiminier est appelé le manguier du froid au jardin
Botaniquement, l’asiminier (Asimina triloba) appartient à la famille des Annonacées, la même que le corossolier. Originaire des zones continentales d’Amérique du Nord, il supporte des températures d’au moins –25 °C, ce qui explique son surnom de « manguier du froid ». Ses fruits, qui mûrissent en fin d’été et en automne, ressemblent à de petites mangues allongées, vert pâle puis jaunissant.
La surprise vient surtout du goût : une chair douce et fondante, souvent décrite comme un mélange de banane bien mûre et de goyave. « Ce n’est pas un simple arbuste, mais un petit arbre qui peut atteindre une belle taille », explique Jean-Yves Meignen, qui souligne autant sa rusticité que la saveur originale de ses fruits. Un vrai fruit exotique… pour climat tempéré.
Les conseils de Jean-Yves Meignen pour planter l’asiminier dès l’automne
Pour installer cet arbre au jardin, le message de l’expert est clair : « Jean-Yves Meignen conseille de planter l’asiminier dès cet automne ». La période de septembre à novembre, hors fortes gelées, permet aux racines de s’installer dans un sol encore chaud. Dans les régions aux hivers moins marqués, une plantation en fin d’hiver (février-mars) reste possible, toujours hors période de gel.
- Période de plantation : à l’automne ou en fin d’hiver, hors gel.
- Sol : ordinaire mais bien drainé ; « Il s’accommodera de tous les sols de Drôme et d’Ardèche, sans difficulté ».
- Rusticité : jusqu’à environ –25 °C, idéale en climat froid.
- Délai : 5 à 7 ans avant les premiers fruits.
- Entretien : « C’est un arbre sans souci et plein de promesses », résume Jean-Yves Meignen.
L’arbre apprécie un sol frais mais non détrempé : un bon paillage au pied limite l’évaporation et facilite l’enracinement. Pour une meilleure fructification à terme, les spécialistes recommandent souvent de planter au moins deux sujets, la pollinisation étant assurée surtout par des mouches et petits coléoptères plutôt que par les abeilles.
Où installer l’asiminier : ombre, soleil et patience avant les fruits
Le placement dans le jardin joue un rôle clé durant les premières années. Jean-Yves Meignen recommande : « Donnez-lui un peu d’ombre quand il est jeune, surtout au moment du midi solaire. Pas toute la journée, mais un abri léger grâce à un arbre voisin de deux ou trois mètres ». Cette mi-ombre protège le jeune feuillage des brûlures et limite le stress hydrique.
Une fois bien enraciné, l’asiminier peut profiter d’un emplacement plus ensoleillé, ce qui favorise la mise à fruits et la qualité gustative. « J’en ai planté un petit il y a trois ans », raconte Jean-Yves Meignen. « Il est passé de 50 cm à 1m20, sans maladie ni insecte. Il faut simplement être patient : les premiers fruits arrivent entre cinq et sept ans. » Quand ils commencent à ramollir légèrement et que la peau jaunit, c’est le moment de les cueillir pour les déguster frais ou en desserts maison.