À l’automne, le jardin semble peu à peu s’endormir. Les feuilles tombent, les fleurs se font plus rares et les températures commencent à baisser. Pourtant, c’est justement le moment de préparer certains aménagements pour le printemps prochain. Si vous rêvez d’une haie généreuse pour vous protéger des regards, délimiter votre terrain ou accueillir les oiseaux, inutile d’attendre le retour des beaux jours. Selon la Royal Horticultural Society (RHS), l’automne constitue une période particulièrement favorable à la plantation de nombreux arbustes de haie. Et la fin octobre peut être le bon moment pour commencer, à condition de choisir les bonnes espèces et de tenir compte de l’état du sol.
Pourquoi la fin octobre est une période intéressante pour planter une haie
On imagine souvent que le printemps est la meilleure saison pour planter des arbustes. Pourtant, l’automne présente plusieurs avantages, notamment pour les végétaux qui perdent leurs feuilles en hiver. À cette période, les températures deviennent plus douces et les pluies sont généralement plus fréquentes, ce qui peut faciliter l’installation des jeunes plants. Contrairement aux idées reçues, les racines ne cessent pas nécessairement toute activité dès que les feuilles tombent. Tant que la terre reste suffisamment douce, elles peuvent continuer à se développer, même lorsque la croissance des branches ralentit. Une plantation automnale permet ainsi aux arbustes de commencer à s’enraciner avant les fortes chaleurs de l’année suivante.
La RHS recommande notamment de planter les haies à feuillage caduc entre le milieu de l’automne et la fin de l’hiver, à partir de la chute des feuilles. C’est le cas du charme, du hêtre ou encore de l’aubépine. Pour les haies persistantes ou semi-persistantes, comme l’if ou certains troènes, le début de l’automne reste généralement préférable. Une plantation plus tardive demeure possible pour plusieurs espèces, mais elle doit être adaptée au climat et aux conditions du jardin. Attention toutefois : une terre détrempée ou gelée n’est pas propice à la plantation. Si les fortes pluies ont saturé votre terrain, mieux vaut patienter quelques jours, voire davantage, jusqu’à ce que le sol soit de nouveau facile à travailler.
Quelles variétés choisir pour obtenir une haie dense et verdoyante ?
Pour profiter d’une belle haie, tout commence par le choix des arbustes. Certaines espèces sont particulièrement adaptées à la création d’un écran végétal, tandis que d’autres conviennent davantage aux haies champêtres, plus naturelles et favorables à la biodiversité. Parmi les valeurs sûres figure le charme (Carpinus betulus), apprécié pour son feuillage dense et sa capacité à supporter la taille. Bien qu’il perde une partie de ses feuilles en hiver, il peut conserver longtemps son feuillage desséché sur les branches, offrant ainsi une certaine protection visuelle. Le hêtre (Fagus sylvatica) constitue également une excellente option. Ses feuilles prennent de jolies teintes cuivrées en automne et peuvent rester accrochées aux rameaux pendant une partie de l’hiver, particulièrement sur les haies régulièrement taillées. Pour une ambiance plus champêtre, l’aubépine (Crataegus monogyna) mérite aussi une place dans le jardin. Ses branches épineuses permettent de former une haie défensive, tandis que ses fleurs printanières et ses fruits constituent des ressources intéressantes pour la faune. Si vous recherchez une haie verte toute l’année, l’if (Taxus baccata) peut être envisagé. Cet arbuste persistant supporte bien les tailles régulières et permet d’obtenir une structure compacte avec le temps. Attention cependant : la plupart de ses parties sont très toxiques en cas d’ingestion, notamment pour les animaux.
Autre possibilité : mélanger plusieurs essences adaptées à votre région. Une haie diversifiée peut offrir des floraisons échelonnées, des fruits pour les oiseaux et des refuges pour les insectes. Elle présente aussi l’avantage de ne pas dépendre d’une seule espèce. Gardez néanmoins à l’esprit qu’une haie plantée fin octobre ne deviendra pas forcément opaque dès le printemps suivant. Selon la RHS, il faut parfois compter trois à sept ans pour qu’elle atteigne les dimensions souhaitées. La plantation automnale constitue donc surtout un bon départ pour les saisons à venir.
Planter une haie fin octobre : les gestes à connaître pour favoriser sa croissance
Pour mettre toutes les chances de votre côté, commencez par préparer soigneusement le terrain. La RHS conseille d’ameublir une bande de terre d’environ 60 à 90 centimètres de largeur, puis d’éliminer les mauvaises herbes qui pourraient concurrencer les jeunes arbustes. Vient ensuite la question de l’espacement. Pour une haie classique, les plants peuvent généralement être installés à 30 à 60 centimètres les uns des autres, selon les espèces, leur vigueur et la hauteur souhaitée. Respectez toutefois les recommandations propres aux végétaux achetés : une plantation trop serrée peut entraîner une concurrence excessive entre les racines. Pour une haie particulièrement épaisse, il est aussi possible d’opter pour une plantation sur deux rangs en quinconce. Cette disposition permet d’obtenir davantage de profondeur, mais nécessite plus d’espace et un nombre de plants plus important.
Au moment de planter, veillez à ne pas enterrer le collet des arbustes. Le point de départ des racines doit se trouver approximativement au niveau du sol. Rebouchez ensuite avec la terre extraite, tassez légèrement et arrosez si le terrain est sec. Une fois les arbustes installés, déposez une couche de paillage organique, comme des copeaux de bois ou du compost bien décomposé, en évitant de l’accumuler directement contre les tiges. Ce geste limite la concurrence des mauvaises herbes et aide à conserver l’humidité du sol. Enfin, ne négligez pas les arrosages après la plantation. Même en automne, une jeune haie peut souffrir du manque d’eau, particulièrement si les semaines suivantes sont sèches. La RHS recommande d’ailleurs de surveiller attentivement l’arrosage pendant les deux premières années.