En octobre, lorsque les soirées raccourcissent et que les murs du jardin paraissent bien nus, l’envie d’un décor plus généreux se fait sentir. Il existe une grimpante capable de transformer rapidement une façade un peu triste en rideau de verdure, puis en cascade de trompettes colorées, sans demander un sol compliqué ni des soins sophistiqués. Elle grimpe presque seule, se faufile sur les supports et attire les abeilles tout l’été.
Cette alliée des murs se nomme la bignone, ou Campsis, une liane spectaculaire de la famille des Bignoniacées. En choisissant de planter une bignone en octobre, dans un sol encore tiède et naturellement arrosé par les pluies d’automne, on lui laisse tout l’hiver pour s’enraciner avant de lancer ses longues tiges. Dès l’été suivant, le mur peut déjà se couvrir de fleurs… à condition de respecter quelques règles simples.
Planter une bignone en octobre : la saison idéale pour préparer un mur fleuri
Les guides de jardinage s’accordent : la bignone se plante soit au printemps, soit en automne dans les régions aux hivers relativement doux. Octobre présente un vrai atout, car la terre reste chaude alors que l’évaporation diminue. Les racines s’installent tranquillement, ce qui donne une plante plus robuste au retour des fortes chaleurs. Dans les zones où les gelées arrivent tôt, mieux vaut en revanche attendre le printemps.
Botaniquement, la bignone forme une liane vigoureuse à souche ligneuse, avec un enracinement superficiel et des jeunes rameaux munis de petites racines aériennes qui jouent le rôle de crampons. À l’âge adulte, elle peut atteindre de 6 à 10 m de haut. Son feuillage vert brillant, souvent caduc, disparaît presque sous les trompettes orange, rouges ou jaunes qui s’épanouissent de juin à septembre-octobre, regroupées en gros bouquets nectarifères. Parmi les variétés, Campsis × tagliabuana ‘Madame Galen’ séduit par ses fleurs orange mandarine, Campsis grandiflora par ses bouquets rouge orangé, et la très rustique Campsis radicans par sa capacité à supporter des froids plus intenses.
Où installer la bignone pour qu’elle couvre vraiment un mur
Pour profiter d’un véritable mur fleuri, l’emplacement compte autant que la variété. La bignone a besoin de plein soleil pour bien fleurir et d’un support abrité des vents violents, qui fera tomber les trompettes trop vite. Elle accepte un sol ordinaire, même calcaire, à condition qu’il soit bien drainé, suffisamment riche et restant frais l’été. Ses racines étant vigoureuses, plusieurs spécialistes recommandent d’éviter de la planter juste au-dessus de canalisations ou au pied immédiat d’un mur aux fondations sèches.
La plantation commence par un trou large, ameubli en profondeur. On peut disposer au fond une couche de graviers pour améliorer le drainage, puis reboucher avec la terre mélangée à du compost bien mûr. La motte, préalablement trempée, se pose légèrement inclinée vers le mur ou le support. On tasse, on arrose abondamment, puis on paille. Ses crampons naturels n’assurent pas toujours une fixation suffisante : il est prudent de tendre quelques fils de fer ou de poser un treillage, en y attachant doucement les jeunes tiges.
Entretenir et tailler la bignone pour un mur couvert dès l’été
Les deux ou trois premières années, la plante a besoin d’un petit coup de pouce. Des arrosages réguliers en période sèche l’aident à s’installer, surtout au pied d’un mur chaud. Un paillage limite l’évaporation et protège la souche. La bignone ne redoute vraiment que les fortes gelées : les dégâts apparaissent à partir de –10 à –12 °C, sauf pour Campsis radicans, donnée pour supporter autour de –15 à –20 °C. Les spécialistes conseillent une protection contre le froid les premières années, le temps que le pied se renforce.
La taille se fait en sortie d’hiver, avant le redémarrage de la végétation. Les conseils sont clairs : il faut pratiquer une taille sévère pour maintenir une plante compacte et florifère. Les pousses de l’année précédente se coupent juste au-dessus du deuxième ou troisième bourgeon, à partir de leur point de départ, car la bignone fleurit sur les jeunes rameaux. On en profite pour supprimer le bois sec, aérer le centre et guider quelques branches charpentières horizontales le long du mur, de manière à obtenir, saison après saison, cette façade couverte de trompettes qui fait tout son charme.