Tendances déco des années 1990 à oublier selon les designers
Posters de boys bands, murs colorés, meubles assortis : certains détails de déco semblent encore bloqués dans les années 1990. Ces tendances déco des années 90 démodées font sourire quand on repense aux séries cultes et aux premiers ordinateurs. Dans un intérieur, ce retour vers le passé peut alourdir les pièces et les faire paraître plus petites qu’elles ne le sont.
Les designers d’intérieur voient revenir beaucoup de références 90s, mais tous ne valident pas ce revival. La décoratrice américaine Liz Williams estime que trop suivre les modes épuise vite un décor. Elle explique ainsi : « Plus un élément penche vers la nouveauté plutôt que vers l’intemporalité, plus il a tendance à paraître vite fatigué ». Reste à savoir quelles habitudes de cette décennie méritent vraiment de rester au grenier.
Effets de matière et couleurs : ces tendances déco des années 90 démodées
Les faux-finis des années 1990 illustrent bien ce glissement. Peinture à l’éponge sur un mur du salon, effet chiffonné dans la salle de bains, patines réalisées au rouleau : tout devait donner une impression de texture à moindre coût. La designer Amanda Sinistaj rappelle : « Dans les années 1990, les propriétaires recherchaient texture sans payer le prix d’un vrai enduit », avant de souligner que le résultat manquait souvent de profondeur.
Les palettes très marquées de l’époque vont dans le même sens. Teal froid sur les murs, mauve poussiéreux sur le canapé et les rideaux : pris ensemble, ces tons identifient une pièce comme typique des années 1990. Amanda Sinistaj note que le mauve peut revenir chic, à condition de l’isoler. Mieux vaut éviter ce duo et miser sur des neutres chaleureux relevés par une seule couleur forte.
Meubles assortis et moquette mur à mur : le meilleur des années 90 à laisser
Autre réflexe très 90s, l’ensemble de meubles parfaitement coordonnés. Même essence de bois, même forme de table basse, de buffet et de tables d’appoint : le salon ressemblait souvent à un catalogue. « Les tables basses et d’appoint assorties semblaient rassurantes », observe Amanda Sinistaj, qui ajoute que le regard actuel préfère un mélange de styles. Un fil conducteur suffit, comme une hauteur proche ou une même finition métallique.
La moquette mur à mur dans les pièces de vie complète ce tableau. Liz Williams rappelle qu’elle coûtait moins cher et s’installait plus vite qu’un parquet. Elle précise aussi : « La moquette se tache, retient les allergènes, reste généralement plus difficile à entretenir et rend les pièces monotones, sans texture ni contraste ». Les designers lui préfèrent aujourd’hui un sol dur, agrémenté d’un grand tapis pour le confort et la chaleur visuelle.
Rideaux lourds, cuisines toscanes : moderniser une déco années 1990
Swags, embrasses à franges, double rideau épais : dans les années 1990, les habillages de fenêtres accumulaient les épaisseurs. Amanda Sinistaj rappelle qu’avant les vitrages performants, ces tissus gardaient la chaleur et protégeaient des regards, tout en répondant à la recherche de formalité. Aujourd’hui, ce volume textile évoque la poussière et coupe la lumière. Des stores sobres ou des rideaux en lin sur rails suffisent à épurer la pièce.
Dans la cuisine, le style toscan sombre trahit aussi les années 1990, avec meubles en bois foncé et granit brun. Liz Williams se souvient que l’on associait ce décor à la chaleur, mais qu’il paraît aujourd’hui lourd alors que l’on recherche lumière et simplicité. Elle conseille de peindre les meubles dans un ton clair et d’alléger le plan de travail. Pour guider ces choix, Amanda Sinistaj rappelle que « Une décoration intemporelle est réfléchie et soigneusement composée ».