La chaleur a déjà battu des records en ce début de mois, et beaucoup espéraient que le coup de frais annoncé mettrait un terme durable à la séquence. Pourtant, derrière l’accalmie qui se dessine, les cartes saisonnières laissent entrevoir un nouveau possible retour de la canicule sur une grande partie de la France.
Les dernières analyses de Météo-Paris, signées par le prévisionniste Guillaume Séchet, décrivent une atmosphère en deux temps : d’abord un recul du dôme de chaleur, puis une possible remontée d’air saharien vers la fin du mois. Une bascule rapide qui pourrait surprendre.
Canicule : un répit attendu autour des 18 et 19 juillet
Après plusieurs jours avec des pointes à 39 ou 40 °C, l’air brûlant qui recouvre le pays devrait refluer vers le sud. Un courant plus océanique venu de l’Atlantique gagnerait l’Ouest et le Nord-Ouest, avant de s’étendre au reste du pays à l’approche du week-end des 18 et 19 juillet. Les températures resteraient élevées, mais redeviendraient plus saisonnières.
Guillaume Séchet décrit un scénario où « de l’air océanique moins chaud pourrait progresser depuis l’Atlantique et repousser le cœur du dôme de chaleur vers la Méditerranée et le sud-est de l’Europe ». Le rafraîchissement serait net sur l’Ouest, le Nord et le Centre, plus limité près de la Méditerranée. Météo-Paris souligne que cette « respiration appréciable » pourrait toutefois être de courte durée, car les modèles voient déjà une nouvelle pulsion saharienne au cours de la semaine du 20 juillet.
Retour possible de la canicule fin juillet : les dates 20 à 23 juillet sous surveillance
Dans leurs sorties du 10 juillet, plusieurs scénarios du modèle européen ECMWF et du modèle américain envisagent une nouvelle remontée d’air très chaud via la péninsule Ibérique et l’Espagne. Dès le lundi 20 juillet, le Sud du pays pourrait repasser au-dessus de 35 °C, avec des pointes proches ou supérieures à 38 °C dans le Sud-Ouest, la vallée du Rhône et l’arrière-pays méditerranéen. Ce serait le début potentiel d’une quatrième vague de chaleur de la saison.
Sur certains scénarios, le dôme saharien se rapprocherait de la péninsule Ibérique et du sud de la France autour du mardi 21 juillet, puis s’étendrait vers le Centre, l’Ouest, le bassin parisien et le Nord-Est autour du jeudi 23 juillet. Météo-Paris mentionne même des cartes affichant localement des valeurs proches de 40 °C. Les zones les plus menacées, si ce scénario se concrétise, seraient alors :
- Le Sud-Ouest, la vallée du Rhône et les régions méditerranéennes dès le 20 juillet.
- Le Centre et l’Ouest du pays dans les jours suivants.
- Le bassin parisien et le Nord-Est autour du 23 juillet.
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Fiabilité de ce scénario de canicule fin juillet : ce que disent les modèles
Le diagramme d’ensemble d’ECMWF montre une moyenne (courbe rouge) qui remonte bien entre les 21 et 23 juillet, mais de façon modérée. Les scénarios déterministe et de contrôle, ainsi que plusieurs membres individuels, affichent en revanche une hausse plus franche de la température de la masse d’air. Autrement dit, les scénarios très chauds existent, sans être majoritaires. Météo-Paris insiste : il serait trop tôt pour annoncer une canicule certaine à ces dates.
Les prévisionnistes rappellent qu’à cette échéance, chaque scénario reste une possibilité parmi d’autres. Le rôle de ces ensembles est de montrer l’éventail des issues, pas d’entériner la plus extrême. Pour parler réellement de canicule, il faudrait plusieurs jours consécutifs de très fortes chaleurs, accompagnés de nuits tropicales où les températures ne redescendent presque pas. Les prochaines mises à jour des modèles, croisées avec les bulletins de référence comme ceux de Météo-France, diront si le signal chaud des 20 au 23 juillet prend le dessus ou si le flux océanique parvient à s’imposer plus durablement.