Attention au jardin : cette mauvaise herbe sous vos mangeoires vous rend malade, les gaz d’échappement la dopent

Entre le gazon et les graviers, une tige verte à feuilles fines peut sembler anodine. Sous une mangeoire à oiseaux ou le long d’une allée, elle grandit tout l’été sans qu’on y prête attention. Puis, fin juillet, certains voisins enchaînent rhinites, yeux gonflés, crises d’asthme, alors que personne n’a planté quoi que ce soit. Dans bien des jardins, cette scène a un même coupable.

Ce coupable, c’est l’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia), une plante venue d’Amérique du Nord qui s’est installée en Europe au fil des décennies. Discrète au jardin, elle libère pourtant un pollen parmi les plus allergisants connus, avec une floraison tardive de juillet à octobre qui prolonge la saison des symptômes. Près des grands axes, les gaz d’échappement rendent même ce pollen encore plus agressif pour l’organisme. L’air que vous respirez n’est plus le même.

Ambroisie : une mauvaise herbe banale qui déclenche des allergies violentes

Pour les médecins allergologues, l’ambroisie dessine un tableau bien connu : rhinite, nez bouché, crises de toux, yeux rouges et gonflés, parfois un véritable asthme, sans oublier fatigue et maux de tête qui durent des semaines. Selon des données rapportées par ZDFheute en Allemagne, environ cinq pour cent des personnes allergiques réagissent déjà à cette plante, et dans des foyers comme autour de Nuremberg ce taux monte à près de vingt pour cent. Un seul pied peut émettre jusqu’à un milliard de grains de pollen emportés loin par le vent.

Autre piège : la période de floraison. Quand beaucoup de graminées ont déjà cessé d’émettre du pollen, l’ambroisie, elle, commence à fleurir et continue souvent jusqu’en octobre. Les personnes déjà sensibles à l’armoise commune subissent souvent une double peine, car les réactions à l’ambroisie s’ajoutent à celles provoquées par cette cousine bien connue des bords de route. Résultat, les allergies respiratoires ne s’arrêtent plus à la fin de l’été, mais se prolongent largement dans l’automne.

Gaz d’échappement et NO₂ : quand la pollution dope le pollen d’ambroisie

L’Observatoire des ambroisies a compilé des travaux menés en chambres climatisées où des plants ont été exposés à différents niveaux de dioxyde d’azote, le fameux NO₂ issu presque exclusivement des gaz d’échappement. À 40 puis 80 parties par milliard, des valeurs comparables à celles de l’air urbain pollué, la composition en protéines du pollen a été profondément modifiée : les chercheurs ont observé 57 protéines qui changent de profil, dont cinq allergènes qui deviennent plus abondants. Mis au contact de cellules immunitaires de patients allergiques, ce pollen exposé au NO₂ déclenche une réponse nettement plus forte contre l’allergène majeur Amb a 1.

Une étude de terrain conduite en plaine lombarde et relayée par le site Allergique.org va dans le même sens : le pollen récolté le long de routes très fréquentées provoque des réactions allergiques plus fortes que celui issu de zones rurales éloignées du trafic. L’équipe du Helmholtz-Zentrum de Munich évoque un véritable stress pour la plante, qui réagit en modifiant encore sa production de protéines. À proximité des grands axes, chaque grain respiré est donc plus agressif pour les voies respiratoires.

Mangeoires à oiseaux : empêcher l’ambroisie de s’installer et l’arracher sans risque

Au jardin, l’ambroisie arrive souvent par les mélanges de graines pour oiseaux. Le règlement européen 2015/186 limite la présence de graines d’Ambrosia à 50 milligrammes par kilo de nourriture, soit 0,005 pour cent, mais le risque zéro n’existe pas. Sous les mangeoires à oiseaux, des jeunes plants peuvent lever au printemps : tige verte parfois rougeâtre à la base, feuilles très découpées, épis de petites fleurs verdâtres au sommet, sur sols nus.

Dès qu’un pied est repéré, il faut l’arracher avant la floraison, avec gants et masque si des épis sont formés, puis jeter la plante en sac fermé avec les ordures, car les graines survivent jusqu’à quarante ans.

Sources