Le calendrier file : avant la fin septembre, le sol est encore tiède, l’air se rafraîchit et le jardin se prépare déjà à l’hiver. C’est ce moment de bascule que les jardiniers chevronnés aiment guetter, car les plantes concentrent alors leur énergie dans les racines. En profitant de cette fenêtre, il est possible de transformer quelques tiges en une armée de jeunes plants, sans ouvrir le porte-monnaie.
Dans cette optique, l’expert jardin Peter Mortin parle d’une façon « naturelle de multiplier ce que vous avez déjà, sans avoir à dépenser plus en jardinerie », un travail « rapide qui vous récompense par une croissance plus saine et un jardin plus fourni et mieux équilibré ». Quelques boutures bien choisies fin septembre peuvent déjà annoncer, au printemps prochain, un massif de fleurs quasi gratuit.
Pourquoi la fin septembre est idéale pour les boutures au jardin
À la fin de l’été, le sol garde la chaleur accumulée, tandis que les nuits deviennent plus fraîches. Cette combinaison limite le stress hydrique tout en stimulant la formation de racines, ce dont les boutures de fin septembre ont besoin pour s’installer. L’activité aérienne ralentit, la plante arrête de pousser en hauteur et concentre ses forces sous terre : le moment est idéal pour que vos futures boutures s’enracinent avant l’hiver.
Cette fenêtre ne dure pas : dans beaucoup de régions françaises, les premières gelées arrivent vite. Or une bouture d’hortensia met en général de quatre à six semaines à émettre un bon chevelu racinaire. Commencer avant la fin septembre lui laisse donc le temps de s’enraciner en pot, à l’abri, puis de passer l’hiver hors gel sans être fragilisée par le froid ni par l’excès d’humidité.
Méthode express pour réussir vos boutures de fin septembre
Pour la majorité des plantes, la méthode reste la même. Munissez-vous d’un sécateur bien affûté et désinfecté, d’un pot percé, et d’un mélange léger de terreau et de sable pour obtenir un substrat drainant. Prélevez une tige de l’année, non fleurie, en coupant juste sous un nœud. Selon l’espèce, visez entre 8 et 20 cm de longueur, puis retirez les feuilles du bas pour ne garder que deux ou trois feuilles en haut.
Vous pouvez tremper la base dans une hormone de bouturage pour les tiges ligneuses comme le rosier ou le romarin, mais ce n’est pas indispensable. Plantez en périphérie du pot, tassez et arrosez pour humidifier sans détremper : le mélange doit rester frais, jamais gorgé d’eau. Placez les pots à la lumière, hors soleil brûlant, sous abri hors gel, en les étiquetant avec le nom et la date.
Cinq plantes à bouturer ou diviser avant le 30 septembre
Les candidates idéales pour cette période sont faciles à retenir. L’hortensia accepte des boutures semi-aoûtées de 10 à 15 cm, prélevées sur une tige non fleurie ; en pot lumineux, il fait des racines en quatre à six semaines. Le rosier se prête bien à des tiges de 15 à 20 cm, enfoncées aux deux tiers dans un mélange moitié compost, moitié sable, éventuellement aidées par une hormone de bouturage.
Pour un balcon fleuri, le pélargonium (géranium de balcon) se multiplie avec des segments de 8 à 10 cm, plantés dans un mélange très drainant et, si besoin, couverts d’une cloche ou d’un simple sac transparent pour garder l’humidité. Le romarin se bouture avec des rameaux de 10 à 15 cm dans un terreau sablonneux, peu arrosés, au chaud et à la lumière. Enfin, l’hosta se multiplie par division : on soulève la touffe en automne, on la sépare en éclats portant un à trois bourgeons, que l’on replante aussitôt à la même profondeur. Le principe reste le même que pour les boutures : multiplier gratuitement les plantes que vous aimez déjà.