« Bâiller va détendre le patou », pourquoi ce geste surprenant peut vous aider face à ce chien en randonnée

Un grand chien blanc surgit près d’un troupeau, s’approche et se met à aboyer fort : difficile de rester parfaitement détendu. Pourtant, dans les alpages, le patou n’est pas là pour accueillir les promeneurs ni pour leur chercher querelle. Son travail consiste à protéger les troupeaux. En septembre, alors que les sentiers de montagne retrouvent un peu de calme et des températures plus douces, les rencontres restent possibles jusqu’à la mi-octobre. Face à un chien de protection, courir, le fixer ou tenter de le caresser font justement partie des réactions à éviter. Quelques gestes beaucoup plus simples permettent de lui faire comprendre que vous ne représentez pas une menace.

Pourquoi un patou peut-il s’approcher des randonneurs ?

Chaque été, moutons, brebis et chèvres gagnent les alpages pendant la période d’estive. Pour protéger ces troupeaux des prédateurs, parmi lesquels les loups et les ours, certains éleveurs s’appuient sur des chiens de protection. Le chien de montagne des Pyrénées, communément appelé patou, est l’un d’eux. D’autres races peuvent remplir cette mission, comme le berger d’Anatolie ou le Cão de gado transmontano, imposant chien de protection portugais. Leur travail n’est pas celui des chiens de berger : ces derniers guident le troupeau, tandis que les chiens de protection veillent sur lui.

Élevé au milieu des brebis et des chèvres dès son plus jeune âge, le patou vit avec elles toute l’année. Lorsqu’un randonneur approche, il peut donc venir à sa rencontre et aboyer puissamment pour déterminer s’il constitue une menace. Il est même possible d’anticiper cette rencontre avant de chausser ses chaussures de marche. MapPatou permet de repérer les alpages où se trouvent ces chiens grâce à une carte régulièrement actualisée.

Patou en randonnée, ces gestes simples permettent de bien réagir

Voir cette grande silhouette arriver en aboyant peut donner envie d’accélérer le pas. C’est précisément ce qu’il ne faut pas faire. Si le terrain le permet, mieux vaut commencer par contourner le troupeau et conserver ses distances. Lorsque le chien vient vers vous, arrêtez-vous et restez calme. Frédéric Isselin, co-gérant de l’association Natur’envie, explique pour Notre Temps : « Il s’approche de vous car il ne voit pas bien de loin ». Il faut alors lui laisser le temps d’identifier la personne qui se trouve devant lui.

Quelques réflexes sont à adopter :

  • Ne fixez pas le patou dans les yeux et placez-vous plutôt de profil ;
  • Présentez votre sac à dos afin qu’il puisse le sentir ;
  • Ne tentez pas de le caresser et ne lui donnez pas à manger ;
  • Ne partez surtout pas en courant ;
  • Gardez vos bâtons de marche le long du corps, sans les lever dans sa direction ;
  • À vélo, descendez et avancez au pas s’il n’est plus possible de faire demi-tour.

Un comportement beaucoup moins évident peut aussi aider. Le promeneur peut bâiller face au chien. Frédéric Isselin livre en effet ce conseil : « Bailler va détendre le patou… ». Un réflexe plutôt inattendu lorsqu’un imposant chien de protection vient à votre rencontre.

Avec un chien ou à vélo, attention à votre réaction face au patou

La situation devient plus délicate lorsque le randonneur est accompagné de son chien de compagnie. Il est conseillé d’éviter de l’emmener dans les secteurs où des patous sont présents. Si la rencontre a malgré tout lieu et que le chien de protection s’approche, la recommandation rapportée est de détacher la laisse de son chien. Selon Frédéric Isselin, un rapport de dominé-dominant se met alors rapidement en place entre les animaux.

À vélo, inutile non plus d’espérer distancer le patou. Il faut descendre du vélo et avancer au pas lorsque le demi-tour n’est plus possible. Même logique pour le marcheur : pas de fuite précipitée, de bâtons brandis ou de gestes brusques. Et même lorsqu’il paraît parfaitement calme, mieux vaut résister à l’envie de tendre la main vers cet impressionnant chien blanc. Un patou n’est pas un chien de compagnie : dans les alpages, il reste avant tout concentré sur la protection de son troupeau.