Bouturage d’automne : ces 5 techniques méconnues qui évitent le fiasco total sur rosiers, lavandes et fruitiers

Bouturage d’automne : 5 techniques qui marchent

Au jardin, l’arrivée de l’automne ne signe pas la fin des travaux, bien au contraire. Quand les massifs semblent ralentir, le sol reste tiède, l’air se rafraîchit et l’humidité revient doucement. Conditions idéales pour le bouturage d’automne, cette technique qui consiste à prélever un morceau de plante pour obtenir un clone fidèle à la plante mère, sans passer par le semis.

Entre mi-septembre et fin octobre, le bois des tiges a mûri sans que la plante soit encore totalement au repos. Les nouvelles racines disposent alors de plusieurs semaines pour s’installer dans une terre encore chaude, tandis que les arrosages tiennent plus longtemps. Cinq grandes familles de techniques permettent d’en profiter, des tiges tendres aux racines, pour multiplier rosiers, lavandes, romarins ou cassissiers avant les premières gelées. Encore faut-il choisir la bonne méthode au bon moment.

Le bon timing du bouturage d’automne et les bases à respecter

Dans cette période, l’ennemi numéro un n’est pas le froid mais le dessèchement, car une bouture sans racines ne peut pas boire. Tout l’enjeu consiste à limiter l’évaporation : réduire le feuillage de moitié, placer les pots en lumière vive mais sans soleil direct, utiliser une cloche, un sac transparent ou un châssis froid. Côté matériel, un sécateur affûté et désinfecté, des godets de 7 à 9 cm et un substrat drainant suffisent ; l’hormone de bouturage ne sert vraiment que sur le bois dur.

Le mélange gagnant reste simple : moitié terreau universel, moitié sable de rivière ou perlite, dans des pots bien percés pour chasser l’eau stagnante. Sur cette base, les jardiniers utilisent cinq grandes familles de techniques, selon la dureté du bois ou la présence de racines.

  • Semi-ligneuse.
  • À talon.
  • À crossette.
  • Herbacée.
  • De racine.

Quelle technique de bouturage d’automne pour quel type de plante ?

Pour les arbustes aux tiges déjà un peu rigides, la bouture semi-ligneuse reste la technique la plus sûre. On coupe une tige saine de 10 à 15 cm sur la pousse de l’année, juste sous un nœud et en biais, on enlève les feuilles du bas, on raccourcit celles du haut puis on enterre le tiers inférieur dans le substrat. Hortensia, laurier-rose, buddleia, lavande ou romarin s’enracinent ainsi en 6 à 10 semaines.

Pour les aromatiques et vivaces à tiges encore vertes, la bouture herbacée suffit. On prélève 8 à 10 cm d’extrémité saine, sans fleur, on supprime les feuilles du bas et l’on garde un toupet au sommet ; ces tiges de basilic, menthe, sauge, verveine ou géranium s’enracinent en deux à trois semaines sous une mini-serre faite avec un sac transparent, à condition de les rentrer avant les premières gelées. Sur les arbustes au bois dur, on améliore la reprise en arrachant un rameau latéral avec un talon d’écorce avant de le planter comme une bouture semi-ligneuse.

Boutures de racines, bois dur et erreurs qui font rater le bouturage d’automne

Sur les tiges très boisées, la bouture à crossette rend service, par exemple sur vigne, groseillier, cassissier ou figuier : une tige de 20 à 25 cm est prélevée avec un morceau de vieux bois à sa base, riche en réserves, puis les deux tiers sont enterrés. Certaines plantes, comme le pavot d’Orient, l’acanthe, l’anémone du Japon, le framboisier, la pervenche ou le sumac, préfèrent la bouture de racine, réalisée sur des tronçons de racines grosseur crayon.

Pour ces racines, on dégage quelques cordons autour du pied, on coupe des tronçons de 5 à 8 cm, droits du côté haut et en biais en bas, puis on les plante verticalement en godets, côté droit juste au niveau du substrat, gardés sous châssis froid ou dans un local lumineux hors gel jusqu’aux pousses de printemps. La plupart des ratés viennent d’un substrat détrempé, du plein soleil, de manipulations répétées qui cassent les jeunes racines et d’outils non désinfectés.

Sources