Après un été chaud et sec, beaucoup de jardiniers constatent un sol tassé, desséché, qui semble avoir perdu sa vigueur. Ce n’est pourtant ni un engrais miracle ni un grand coup de bêche que met en avant aujourd’hui l’un des visages de l’émission britannique Gardeners’ World. Pour le jardinier et concepteur Joe Swift, il existe un travail vital à faire maintenant pour protéger la terre et préparer la saison prochaine.
Dans une chronique pour le Times Weekend, Joe Swift confie qu’il est en train de « commander des quantités énormes de compost » pour son propre jardin. Il y défend le paillage d’automne, cette couche de matière organique étalée sur la terre pour imiter le tapis de feuilles qui protège naturellement les sols. La Royal Horticultural Society le présente comme une simple couverture posée sur le sol nu, aux effets pourtant spectaculaires sur la santé du jardin.
Pourquoi le paillage d’automne de Joe Swift est un geste vital pour le sol
Pour Joe Swift, tout part du climat : « Quel est l’intérêt du paillage ? Après l’été chaud et sec, beaucoup d’entre nous cherchent à améliorer la rétention d’humidité de leur sol et à réguler sa température », écrit-il. Une couche de quelques centimètres limite l’évaporation, garde la fraîcheur quand il fait chaud et amortit les coups de froid hivernaux. Les racines restent dans une zone plus stable, ce qui réduit le stress hydrique des plantes et les besoins en arrosage.
Le présentateur insiste aussi sur l’effet nourrissant de ce tapis protecteur : « Le paillis augmente aussi la fertilité du sol« . Il ajoute : « S’il est assez profond, de petits plants de 9 cm peuvent être plantés directement dedans, ce qui simplifie la vie ». Les micro-organismes et les vers décomposent progressivement cette matière, emportent les débris dans le sol, l’aèrent et améliorent sa structure sans qu’il soit nécessaire de bêcher.
Comment appliquer le paillage d’automne pour vraiment protéger la terre
Ce travail se fait surtout en automne, juste après la plantation des bulbes, quand le sol est encore tiède et légèrement humide. On désherbe légèrement sans retourner la terre, puis on étale autour des plantes une couche de paillis d’environ cinq centimètres sur la surface à protéger. L’objectif est un tapis continu mais aéré, qui bloque la lumière pour freiner les herbes indésirables tout en laissant passer l’eau de pluie.
Si la quantité de matière organique est limitée, Joe Swift conseille de concentrer le paillage au pied des jeunes arbres, des arbustes récents, des massifs en plein soleil et des légumes gourmands. Il met en garde contre la tentation d’entasser le paillis contre les troncs, rosiers, bases d’arbustes ou couronnes de vivaces, car l’humidité stagnante y favorise maladies et pourriture hivernale.
Quel paillis choisir et pourquoi éviter les coquilles d’œufs miracles
Pour choisir la bonne matière, Joe Swift rappelle que « tous les types de paillis font le travail », mais avec des nuances. Le compost fait maison est « idéal », reconnaît-il, même s’il reste difficile d’en produire assez ; le terreau de feuilles sert de « bon passe-partout », les copeaux de bois gardent bien l’humidité, tandis que le compost de champignon, plus alcalin, et le fumier de cheval, plus acide, demandent d’adapter au type de sol.
Certains jardiniers espèrent encore booster rapidement le sol avec les coquilles d’œufs déposées au pied des tomates. Les études de la University of Minnesota Extension, mises à jour en 2026, montrent pourtant que ces coquilles « ne se décomposent pas très vite » et que leur calcium devient disponible seulement après de longs mois. Pour la spécialiste Anne Sawyer, « les coquilles d’œufs ne préviennent pas le cul noir » et « autant les mettre au compost » ; elles ne font pas de miracle express, mais complètent doucement un paillage organique, un arrosage régulier et un test de sol en cas de problèmes répétés.